La nouvelle fresque choc de Bruxelles fait-elle référence à une scène biblique?

C'est presque devenu une habitude maintenant, une nouvelle fresque controversée est apparue sur un mur de Bruxelles ce samedi. Au bord du Canal, on aperçoit ainsi une personne tentant d'en égorger une autre.

Un œil aiguisé de notre rédaction a cependant remarqué que cette fresque ressemblait étonnamment à un détail de la peinture "Le sacrifice d'Isaac" du Caravage, où un ange tente d'empêcher Abraham de sacrifier son fils, Isaac, un geste initié sous l'injonction de Dieu. Une toile peinte vers 1603-1604 qui se trouve pour l'instant au Musée des Offices à Florence, en Italie.

Elle pourrait être interprétée comme un appel à la violence

Le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur a confirmé à la RTBF ce samedi soir qu'il souhaitait que cette fresque soit recouverte ou enlevée car, dit-il, même si "Nous sommes très tolérants à l'égard des œuvres artistiques, celle-ci est plus interpellante que d'autres car elle pourrait être interprétée comme un appel à la violence".

Pour Yvan Mayeur, le caractère artistique de l'oeuvre est secondaire par rapport aux potentielles tensions que la fresque peut susciter: "On me dit qu'un bras retient l'autre bras armé, mais c'est une interprétation qui peut être donnée quand on a le temps d'analyser l'oeuvre. Aujourd'hui, il y a plus une volonté d'apaiser les tensions, plutôt que de susciter des provocations. On ignore si provoquer est la volonté de l'artiste, mais quoi qu'il en soit, on préfère que la fresque soit retirée".

En tout cas, cette comparaison peut fournir un certain éclairage sur le message porté par cette fresque. Le sacrifice d'Isaac, scène biblique du Livre de la Genèse (Ancien Testament), relate comment Dieu a mis Abraham à l'épreuve sur son dévouement envers lui, allant jusqu'à lui demander d'égorger son propre fils. Un ange l'arrête dans son geste, par ces paroles : "N'avance pas ta main sur l'enfant, et ne lui fais rien ; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique." (Genèse 22:12). Sur le tableau du Caravage, l'ange intervient en posant sa main sur le bras d'Abraham.

La présence de ce bras sur la fresque peut donc complètement changer la donne sur sa signification, au vu de sa possible référence au sacrifice d'Isaac.

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