La nature a été très avare en pommes cette année

Il n'y a presque pas de pommes dans les vergers du Centre de recherche agronomique de Gembloux cette année.
Il n'y a presque pas de pommes dans les vergers du Centre de recherche agronomique de Gembloux cette année. - © RTBF - Flou

"Regardez… il n’y a rien sur les arbres ! Et même par terre… Presque aucune pomme !"

Dans les vergers expérimentaux du Centre de recherche agronomique wallon de Gembloux (CRAW), la récolte 2019 est catastrophique cette année, constate Marc Lateur, directeur scientifique de l’Unité biodiversité et amélioration des plantes. Et c’est la même chose dans la plupart des vergers amateurs ou les jardins privés. Dame Nature, cette année, a été très avare en pommes.

"La première explication, c’est que la saison dernière a été très bonne. Or, la plupart des variétés suivent un cycle naturel de deux ans : une bonne année précède généralement une mauvaise. Un arbre qui donne beaucoup de fruits une année, fera peu de fleurs l’année suivante."

Pas assez de pollinisation

Les conditions météorologiques au moment de la floraison, au printemps dernier, ont aggravé la situation. Le froid, le vent, la pluie ont largement limité l’activité des insectes pollinisateurs. "Vous ajoutez à cela l’attaque d’un insecte ravageur, un anthonome, qui pond ses larves dans la fleur et empêche l’éclosion."

Les différentes fêtes de la pomme organisées en octobre autour des vergers amateurs ont un goût un peu amer. Il n’y aura, par exemple, pas de presse mobile cette année à la fête de la pomme de Céroux. Et la maraude annuelle de Faux-les-Tombes, organisée par l’université de Namur, est tout simplement annulée faute de fruits.

Pas d’hécatombe chez les professionnels

Les producteurs professionnels échappent apparemment à cette hécatombe. La situation peut varier très fort d’un verger à l’autre, en fonction d’aléas météorologiques locaux. "Mais globalement, la récolte de cette année n’est pas mauvaise, estime Olivier Warnier, du Centre fruitier wallon. C’est 10% environ en moins qu’en 2018, mais l’année dernière avait été exceptionnellement bonne."

Comment expliquer cette différence entre les vergers amateurs et les professionnels ? Principalement parce que les producteurs ont appris à réguler les cycles naturels. En sélectionnant les variétés les plus stables possible et en limitant volontairement une récolte qui s’annonce exceptionnelle, pour éviter le méchant retour de bâton l’année suivante. Quand une saison produit énormément de fleurs, ils inhibent la production soit mécaniquement soit en recourant à des produits chimiques, pour éviter une chute brutale l’année suivante.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK