La monnaie alternative "Eco-Iris": un flop qui a pourtant coûté cher

La monnaie alternative " Eco-Iris " ne suscite pas beaucoup d'engouement
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La monnaie alternative " Eco-Iris " ne suscite pas beaucoup d'engouement - © DR - YouTube

En novembre 2012, la Ministre Ecolo Evelyne Huytebroeck lançait les Eco iris dans deux quartiers bruxellois. Cette monnaie alternative était censée favoriser les commerces locaux mais après un an et demi, la monnaie n’a pas vraiment pris son envol… pourtant le projet a déjà coûté cher à la Région.

Le principe des Eco-Iris est simple, cette monnaie alternative est distribuée par Bruxelles Environnement lorsqu’un geste en faveur de l’environnement est posé : réduire sa consommation de gaz, cultiver un potager, abandonner sa voiture, acheter un vélo… Ensuite, les Eco-Iris peuvent être dépensés dans les magasins locaux qui acceptent de participer à l’opération. L’objectif est double : d’une part favoriser le commerce de quartier et encourager les gestes écologiques. " On était parmi les premiers commerçants ici à Schaerbeek à participer au projet, explique Patrick Lentz, gérant d’une épicerie bio. Sur le papier, c’était un projet enthousiasmant, un projet qui devait permettre de rassembler les gens et de leur montrer qu’ensemble on pouvait créer quelque chose d’alternatif ". Pourtant ce commerçant très motivé à la base a très vite déchanté, il a constaté que les Eco-Iris s’accumulaient dans sa caisse, et qu’il n’arrivait pas à les écouler. " Il fallait offrir aux commerçants des possibilités d’écouler ces Eco-iris dans le quartier, poursuit Patrick Lentz, mais après un an et trois mois, on ne nous avait offert aucune possibilité d’échanger ces Eco-Iris, on a dès lors décidé de quitter le projet. On s’est fait rembourser nos Eco-Iris accumulés durant plus d’un an, ce qui finalement ne représentait que l’équivalent de 600 euros ".

 

8000 euros en circulation pour plus de 400 000 euros d’investissement

Depuis le mois d’avril, trois nouveaux quartiers viennent de se rajouter au projet. Pourtant, à l’heure actuelle il n’a que l’équivalent de 8.000 euros d’Eco Iris en circulation. C’est peu si l’on considère le coût du projet jusqu’à présent. Si l’on compte les études de faisabilité, la mise en place, les personnes employées exclusivement à ce projet et la promotion faite autour de celui-ci, on dépasse largement les 400.000 euros de budgets. Une somme importante comparée aux 8.000 euros en circulation dans les 5 quartiers. " C’est vrai que l’on peut se dire comme ça que 8000 c’est peu, explique Evelyne Huytebroeck, c’est pour cela que nous avons voulu une consultance pour pouvoir intégrer le projet sur une plus grande surface. Mais moi je continue à croire dans cette monnaie complémentaire quand je vois l’engouement dans certains quartiers pour un comportements qui implique un changement de mentalité et une autre relation avec les commerçants ". La ministre espère même pouvoir bientôt étendre le projet à toute la région, mais rien ne dit que les Ecos-Iris existeront assez longtemps pour pouvoir s’installer dans le portefeuille de tous les Bruxellois.

Geoffroy Fabré

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