La moisson de l'escourgeon a pris 10 jours d'avance

La météo a poussé les agriculteurs à se dépêcher
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La météo a poussé les agriculteurs à se dépêcher - © S. Vandreck

Les moissonneuses sont déjà entrées en action dans les campagnes. Dans le champ d'Adrien Rasse, à Bassilly, l'engin s'est mis en route ce lundi en début d’après-midi. Elle récolte l’escourgeon, une céréale précoce, qui l’est tout particulièrement cette année. "On la sème en septembre et on la récolte traditionnellement dans les cinq premiers jours de juillet. Ici, on est dix jours à l’avance", constate cet agriculteur de Brugelette. Si les choses se sont un peu précipitées cette année, c’est à cause de la météo: la chaleur de ces dernières semaines a fait lever les épis beaucoup plus vite, mais la pluie annoncée pour les derniers jours de ce mois de juin oblige aussi les agriculteurs à se dépêcher. "Elle pourrait nous retarder jusqu’à mi-juillet, si les prévisions sont correctes. Que l’on moissonne maintenant, ou que l’on attende, on prend un risque: la maturité est là, il manque juste un peu de soleil pour que les grains s’ébarbent un peu mieux", poursuit-il.

Le temps presse

Le ciel s’est dégagé en début d’après-midi et le soleil commence à chauffer doucement les épis. Les barbes peuvent enfin sécher : elles casseront plus vite et il y aura moins de déchets dans la récolte. "Il aurait fallu 4-5 degrés en plus pour que la barbe s’enlève plus facilement. On préfère avoir une qualité un peu moindre mais ne pas perdre la récolte". Car la pluie risque de coucher les épis, qu’ils descendent sous le niveau de coupe de la machine et ne puissent pas être récoltés. Mais l’agriculteur se dit confiant dans cette moisson: "Je pense que le rendement sera bon. Il y a évidemment beaucoup d’éléments qui rentrent en jeu : l’historique de l’exploitation, la variété, la date de semis, la façon de cultiver. Pour ma part, ça devrait aller". Et puis, une récolte qui se termine tôt, cela permet aux agriculteurs d’avoir des rentrées plus tôt: "C’est pas mal, mais encore faut-il pouvoir la vendre", se demande Adrien.

Une bonne nouvelle pour le bétail ?

L’escourgeon est essentiellement utilisé comme aliment pour le bétail. Et cette récolte avancée de quelques jours permettra sans doute de pallier le manque d’herbe sur les pâturages, dû à la sécheresse. "On termine nos stocks d’hiver qu’on ne pensait pas entamer avant l’automne prochain. On va avoir de l’escourgeon, même si on ne pourra pas en donner trop au début, de la paille qui va aussi commencer à remplir nos stocks. Ces parcelles seront également libérées assez tôt, ce qui va permettre de ressemer une culture fourragère intermédiaire, qu’on pourra récolter en septembre-octobre et qui nous permettra d’augmenter le volume de nos silos. Encore faut-il qu’on ait de l’eau en suffisance pour qu’elle pousse… Et ça, on ne le saura que dans trois mois!". Il faudrait aussi que cette pluie permette aux pâtures de reverdir. Sans quoi beaucoup d’agriculteurs n’auront pas d’autre choix que d’acheter des compléments de nourriture pour leurs bêtes.

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