La méfiance empoisonne le dossier survol de Bruxelles

Pascal Garreau est consultant et spécialiste du développement des aéroports. Il était l'invité hier d'un colloque organisé au Parlement bruxellois, à l'initiative du groupe Ecolo-Groen, autour du thème : Quels aéroports pour demain ? Destination qualité de vie ". Cet expert a longuement étudié le fonctionnement d'une quinzaine d'aéroports européens. Premier constat pour Pascal Garreau : Brussels Airport est loin d'être le seul aéroport à se développer aux portes d'une grande ville. La majorité des aéroports européens est d'ailleurs dans la même situation. Historiquement, la plupart ont été construits pendant la guerre par les allemands ou les américains, dans des zones au départ peu urbanisées mais qui ont ensuite accueillis de plus en plus d'habitants. Autre constat largement partagé, les doléances des riverains à propos de nuisances sonores, existent partout. Ce qui diffère par contre, c'est la manière de gérer ces plaintes. Et en l'absence de politiques concertées, une certaine crispation s'installe. Chacun y va de son analyse. Les rapports d'experts commandés par l'un des deux camps sont contredits par l'autre. La confiance n'existe pas et l'escalade de menaces ou de désinformations sont monnaie courante. L'aéroport de Bruxelles est la parfaite illustration de ces dérives. 

Ce qui manque le plus ? la confiance !

Dans le cas de Zaventem : on est face à une situation particulièrement complexe : l'aéroport se trouve sur le territoire d'une région et la ville sur le territoire d'une autre région. Ces deux régions ont donc des intérêts divergents. Selon ce spécialiste, la solution pour faire baisser le niveau de tension entre l'aéroport et ses riverains, c'est de créer de la confiance. Or c'est précisément ce qui manque le plus dans le dossier du survol de Bruxelles. Il apparait donc nécessaire de créer d'urgence une structure indépendante (NDLR: promise depuis longtemps!), habilitée pour mesurer le bruit et les nuisances sonores. Ce genre de structure a déjà permis de faire baisser la tension autour de plusieurs aéroports européens. Vienne est à ce sujet un très bon exemple : là-bas, un "dialogue Forum" a été mis en place. Il s'agit d'une instance de médiation, qui regroupe tous les acteurs impactés par l'aéroport, c'est à dire, les gestionnaires de l'aéroport, les compagnies aériennes, l'autorité de l'aviation civile, la chambre de commerce, les riverains , les acteurs politiques locaux. Tout le monde est autour de la table et cela marche! Ensemble, ils ont, par exemple, réussi à négocier l'ouverture de nouvelles routes aériennes. Or les projets d'extension de Brussels Airport envisagent un allongement des pistes existantes. L'occasion,peut-être, de s'inspirer des manières de faire qui ont fait leurs preuves à l'étranger.

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