La lutte contre les mendiants se durcit à Liège

La police pourra désormais procéder à des arrestations administratives en cas de non respect du règlement (illustration).
La police pourra désormais procéder à des arrestations administratives en cas de non respect du règlement (illustration). - © RTBF

La ville de Liège va pouvoir arrêter administrativement pendant douze heures les mendiants qui contreviennent à son règlement communal. C'est ce qui ressort d'un courrier récemment envoyé par la procureure du roi au commissaire en chef de la police zonale. Cette mesure, jugée inadéquate par certains, a déjà provoqué quelques réactions.

Le règlement communal liégeois n'interdit pas la mendicité, mais l'organise. Il y a des zones, il y a des jours, et ce n'est pas toujours respecté. Il y a également un article qui oblige les policiers à diriger les clochards vers le centre public d'aide sociale pour qu'ils s'informent de leurs droits. Et s'ils perçoivent une allocation quelconque, ils ne peuvent plus faire la manche. Mais que faire avec les récalcitrants qui recommencent à quêter dès que les agents ont le dos tourné ?

Pour le commissaire en chef, après trois constats, ce comportement peut être considéré comme un trouble de l'ordre public. Et donc, les intéressés sont passibles d'une arrestation administrative, conformément à la loi, c'est-à-dire pendant, au plus, douze heures.

Ce point a parfois été contesté d'un point de vue juridique. Mais la procureure du roi vient de valider cette interprétation. Concrètement, les mendiants vont pouvoir être mis à l'écart du piétonnier jusqu'à l'heure de fermeture des commerces.

De son côté, le bourgmestre se félicite de disposer de cette arme de dissuasion dans la lutte contre les nuisances urbaines.

Cette mesure a déjà provoqué des réactions

"Dire qu'on va procéder à une arrestation administrative d'un mendiant qui a été repéré trois fois par la police dans un endroit où il ne pouvait pas mendier, je ne vois pas à quoi ça sert" a réagi Guy Krettels, conseiller communal Écolo. "Qu'est-ce qu'on va faire après les douze heures d'arrestation? Rien, évidemment. Le problème n'a pas avancé d'un millimètre, si ce n'est de rassurer en cette période pré-électorale les personnes que ça dérange".

Le Président du CPAS de Liège, Claude Emonts a également réagi. Pour lui, l'immense majorité des mendiants est connue de leur service. Le problème est donc ailleurs: "Ce qui manque, c'est le chaînon entre le CPAS, la police et la santé mentale car la plupart de ces gens souffrent de petits ou de gros problèmes de santé mentale et il devrait y avoir une possibilité de les obliger à un suivi médical pour que le problème puisse être traité sur le fond".

 

M. Gretry

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