La liste des cafés classés s'étend du côté de la gare du Midi

Les trois frères de la famille Missri sont désormais aux commandes de "La Ruche" à Saint-Gilles
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Les trois frères de la famille Missri sont désormais aux commandes de "La Ruche" à Saint-Gilles - © Tous droits réservés

Deux établissements viennent d’être ajoutés au registre du patrimoine protégé en région Bruxelles. Il s’agit de La Ruche, actuellement exploité comme restaurant, et Le Laboureur, fermé pour le moment. Tous les deux situés boulevard Jamar à Saint-Gilles, dans le quartier de la gare du Midi. Leur désignation porte à quinze, désormais le nombre de "cafés" ou assimilés, reconnus pour leur valeur décorative ou architecturale en région Bruxelloise.

Vitrail coloré, boiseries et plafonds hauts

Franchir les portes de La Ruche, c’est un peu remonter le temps et revenir à la belle époque. Celle du développement de Bruxelles à la fin du dix-neuvième siècle, lorsque la mode des "cafés" (plus chics que les estaminets, jugés trop populaires) se répand. La situation du bâtiment (en face de la gare du Midi) ainsi que certains éléments du décor, et notamment la présence d’un vaste bar, laisse pourtant imaginer que la fréquentation était sans doute mélangée. C’est en tout cas, l’avis de Guido Vanderhulst, fondateur de Bruxelles Fabriques et expert du patrimoine bruxellois. "La Ruche et le Laboureur étaient probablement des lieux de rencontre pour les commerçants qui étaient venus en train, faire des affaires dans la capitale".

Quand on a racheté le bâtiment, c’était une boîte de nuit

Quand la famille de Soufian Missri rachète l’établissement en 1999, c’est alors une discothèque. "Cela s’appelait le Tom Tom Club", se souvient Soufian. Mais nous l’avons transformé en salon de thé et petite restauration. Heureusement, le grand vitrail jaune et brun qui domine la salle, n’avait pas souffert. "Nous avons depuis, refait la décoration, rafraîchi les boiseries mais le reste est toujours dans son état d’origine et nous en sommes fiers", ajoute Soufian Missri qui exploite aujourd’hui La Ruche avec ses deux frères. Pour lui, le classement ne devrait donc rien changer puisqu’ils n’envisagent pas de réaliser des travaux. Il en sera sans doute tout autrement pour son voisin direct. En effet, Le Laboureur, qui n’est pas exploité pour le moment, aura lui, besoin de travaux de rénovation.

Les cafés peuvent doper l’attractivité d’un quartier ou d’une ville

Si les clients de La Ruche s’étonnent de trouver dans ce quartier un établissement de ce type, son propriétaire, lui, s’y sent bien. "Les choses changent ici et les travaux de réaménagement du quartier de la gare du Midi laissent espérer une nouvelle clientèle". Et c’est peut-être d'ailleurs l’effet recherché par le classement. Car Guido Vanderhulst le confirme. "Dans toutes les capitales, les cafés participent à l’ambiance et à l’attractivité d’un quartier". Et c’est sans doute plus vrai encore quand ces établissements témoignent d’une page d’histoire. Pour ceux que le monde des cafés ou estaminets bruxellois intéresse, une exposition leur sera bientôt consacrée aux Halles Saint-Géry, à partir du 5 décembre.

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