La grogne des bateliers "nous coûte 20 000 euros par heure"

Les bateliers paralysent depuis une semaine le transport fluvial (illustration).
Les bateliers paralysent depuis une semaine le transport fluvial (illustration). - © Flickr - lilas

Les bateliers protestent et mènent des actions depuis une semaine. Ils réclament une révision de la législation sur le transport et le contrôle technique des bateaux ainsi qu'une harmonisation fiscale, face à une concurrence de plus en plus forte des bateliers d'Europe de l'Est. Du coup, ils bloquent des écluses, à plusieurs endroits de Belgique. Et la mobilisation s'étend. Le Nord, l'Est de la France sont touchés, les Pays-Bas également. Ces actions ont des répercussions économiques pour bon nombre d'entreprises.

"Si nous ne nous transportons plus de marchandises, les matières premières ne rentreront plus. C'est ce qui se passe actuellement", explique Pascale Dabsance qui a passé le week-end à l'écluse de Kain. Avec sa péniche, il participe au blocage des bateliers.

Les pertes s'accumulent dans les entreprises qui dépendent très fort du transport fluvial pour leur approvisionnement ou pour l'acheminement des commandes.

L'entreprise Yara fabrique des engrais à Tertre, près de Mons. Plusieurs péniches sont actuellement bloquées et c'est problématique : "Pour nos trois commandes hollandaises, nous avons lancé l'affrètement d’une flotte de camions. Par contre, pour nos clients allemands, ce sera simplement des commandes perdues…", lance Rémy Déméter (directeur de Yara).

Même inquiétude du côté de CometSambre, entreprise spécialisée dans le recyclage des métaux. Philippe Mercier, responsable des transports routiers et fluvial, cherche constamment des solutions : "Trois ou quatre fois par jour, on essaie de se tenir au courant car les mouvements bougent, ils changent de place… Il faut être très réactif." Un blocage qui commence à chiffrer aussi pour CometSambre. "Actuellement, un broyeur comme celui que nous utilisons, nous coûte 20 000 euros par heure d’arrêt !"

Vendredi, CometSambre et d'autres entreprises ont envoyé un courrier en urgence à Melchior Wathelet (secrétaire d'Etat à la Mobilité).

Charlotte Legrand

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK