La future passerelle namuroise à moitié éclairée : "On va nous prendre pour des rastaquouères!" 

L'Enjambée est à moitié éclairée. C'est un choix de l'architecte.
L'Enjambée est à moitié éclairée. C'est un choix de l'architecte. - © Bia-bouquet.com

"On va nous prendre pour des rastaquouères". Le bourgmestre de Namur, Maxime Prévot, ne comprend pas pourquoi l'Enjambée, la future passerelle cyclo-piétonne au-dessus de la Meuse, n’est éclairée qu’à moitié. "Beaucoup de Namurois m’interpellent à ce sujet. Et je me suis aussi posé la question. Apparemment, il s’agit d’un choix de l’architecte. Moi je veux bien, mais personne ne va comprendre. J’entends déjà les critiques : pas encore inaugurée et l’éclairage est déjà en panne. J’ai demandé s’il était encore possible de corriger, pour avoir un éclairage complet tout au long de la passerelle."

En fait l’éclairage court bien d’une rive à l’autre, mais pour moitié en amont et pour moitié en aval. Pour s’en apercevoir, il faut soit traverser la passerelle à pied (ce n’est pas encore pour tout de suite), soit passer en dessous en bateau (mais les bateaux de plaisance, c’est plutôt en journée) soit la voir par au-dessus, depuis la Citadelle, par exemple. Dans ces conditions, pas sûr que le "geste architectural" soit compris par tout le monde.

"Moi, je le comprends, rétorque Maxime Dessalle, ingénieur du SPW infrastructures et mobilité. C’est une enjambée, et quand vous enjambez quelque chose, à un moment donné, la première jambe est en l’air alors que l’autre est encore au sol… De toute façon, cela paraît difficile de changer l’éclairage parce qu’il correspond à la structure asymétrique de la passerelle. Le caisson en acier blanc sur lequel la lumière se réfléchit s’arrête au milieu de la passerelle. On voudrait même éclairer la deuxième moitié que cela ne produirait pas le même effet lumineux."

Bref les Namurois, et les visiteurs, vont sans doute devoir s’habituer à ce coup d’œil un peu étrange. "Par contre, je peux vous dire que depuis la passerelle, le point de vue est splendide", s’enthousiasme Maxime Dessalle. Mais quand le public pourra-t-il enfin admirer ce point de vue ? Plus personne n’ose répondre à cette question. "L’entrepreneur doit encore réaliser pas mal de petits travaux, se contente de préciser l’ingénieur du SPW. Il est vrai que de report en report depuis 2018, tous les acteurs de ce chantier ont appris à ne plus faire de promesses en l’air.

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