La forge d'Ostiches, l'antre des couteliers amateurs

La forge d'Ostiches, la caverne des couteliers amateurs
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La forge d'Ostiches, la caverne des couteliers amateurs - © Tous droits réservés

Le bruit répétitif, cadencé et presque assourdissant ne cesse jamais. L'atmosphère est brûlante. L'air empli des vapeurs issues de combustion du charbon de terre. Dans la forge d'Ostiches, cela fait plus d'un siècle que le bruit métallique des marteaux façonne des pièces de fer ou d'acier. Aujourd'hui, passionnés et amateurs de couteaux viennent apprendre des gestes parfois millénaires.

Tous les mercredis et samedis matin, ils sont près de 40 membres à tenter de se perfectionner dans un art qui reste très proche des pratiques d'autrefois: "Il n'y en a plus beaucoup des forges de ce type et pour ce qui est de l'ouverture à des amateurs, à ma connaissance, c'est réellement unique", explique Frédéric Taquet, l'un des deux formateurs. 

Des couteaux et de la plasticine

Le front perlé par une sueur carbonée, Olivier Wautelet passe un morceau de fer, encore grossier, sous les coups lourds du marteau pilon et sa puissance hydraulique: "C'est comme de la plasticine, ça se modèle au fur et à mesure. Ça demande de la patience car le couteau se forme petit à petit. On chauffe, on frappe et on chauffe encore successivement". Et depuis toujours la même alliée, l'enclume.

La technologie a évolué pour fabriquer des formes en séries. Mais ici, chaque pièce est unique: "Le plaisir pour nous, c'est de fabriquer son propre couteau, soit pour l'exposer, soit pour s'en servir au quotidien. Moi j'ai démarré il y a quatre mois à peine, sourit Alain Ryckaert. Quand j'en vois d'autres... qui prennent une matinée pour faire une pièce alors que moi je tape sur mon enclume depuis deux heures... je me dis que je dois encore bien progresser".

L'apprentissage éternel

Car plus la maîtrise est bonne, surtout au moment de forger sa future lame, moins les finitions prennent du temps. Il faut donc accumuler les heures, l'expérimentation pour atteindre le geste précis et former un couteau prêt pour les dernières étapes: l'affûtage, le polissage. "Toutes les erreurs que vous faites au départ se paient cash, explique Frédéric Taquet. On se rend parfois compte que notre travail ne vaut rien trop tard et il faut tout recommencer. Là regardez... on voit ces tâches noires... Ce sont des erreurs qu'il faudra corriger longuement à la meule. Ça fait perdre énormément de temps, c'est pourquoi la forge reste réellement l'étape la plus fondamentale. Mais c'est pour ça que nous sommes là, nous les formateurs".

La lame est affûtée. Un bain d'huile encore pour solidifier le métal avant les toutes dernières finitions et le manche. En bois, en cuir, finement taillé ou ciselé. Mais ça c'est encore une toute autre histoire qui demande un long apprentissage. Et comme le dit l'adage...

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