La FN Herstal, un exemple de nationalisation dans le bassin liégeois

D'importantes pertes financières, un marché international saturé, un savoir-faire technologique... Autant d'éléments de comparaison entre le groupe ArcelorMittal à Liège aujourd'hui et la FN Herstal d'hier.

En 1997 donc, le groupe français Giat détient 92% des parts de la FN Herstal. Il veut vendre l'entreprise aux Américains Colt. Mais la Région wallonne, avec sa minorité de blocage refuse. Elle craint une délocalisation vers les Etats-Unis. C'est le ministre libéral Serge Kubla, qui organise le rachat.

L'idée, à l'époque, c'est celle d'un portage temporaire en attendant un repreneur crédible. La régionalisation dure toujours.  La FN compte 150 emplois de plus aujourd'hui. "C’est à l’encontre de tout ce que l’on vit un peu partout dans le monde, où l’on ne mise que sur la rentabilité à deux chiffres, déclare Gianni Angelucci (président de la délégation FGTB à la FN Herstal). Ici, on ne parle pas de rentabilité (bien sûr, l’entreprise ne doit pas perdre de l’argent) : tout ce qui est gagné doit être réinvesti dans l’emploi et dans l’entreprise. C’est très intéressant."

Deux différences de taille

Le marché de l'acier n'est pas celui des armes, un secteur où l'Europe autorise l'intervention de l’État pour préserver ses  intérêts en matière de sécurité. Une exception aux règles du marché unique dont ne bénéficie pas la sidérurgie.

Et puis, si - à l'époque - le groupe français Giat voulait se débarrasser de la FN, aujourd'hui, ArcelorMittal répète, lui, qu'il ne veut pas vendre.

Erik Dagonnier

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