La fin des reventes illégales de licences de taxi ?

Cela fait près de 30 ans que les licences s’échangent, parfois à prix d’or, entre taximen.
Cela fait près de 30 ans que les licences s’échangent, parfois à prix d’or, entre taximen. - © Flickr – Phillie Casablanca

Un juteux marché frauduleux, au centre duquel on retrouve les taxis bruxellois, est en passe de prendre de fin. Depuis plusieurs dizaines d'années, les taximen se revendent l'autorisation d'exploiter un véhicule de manière illégale. Le secteur réclamait une solution. Le gouvernement bruxellois est parvenu à un accord sur la réforme des licences de taxis. Une commission spéciale sera mise sur pied pour encadrer les transactions.

Boulonnée au pare-chocs, une plaque verte affiche le numéro de licence de chaque taxi bruxellois. Sésame hors de prix pour entrer dans le métier. Khalid Ed Dengui possède une petite société de taxis. "Cela m’a coûté 52 000 euros pour une licence. Ce n’est pas légal mais c’est ce qui existe depuis 30 ans."

Officiellement pourtant, à Bruxelles, la licence coûte une centaine d'euros. C'est l'administration qui la délivre. Mais les autorités ont fixé le nombre de taxis bruxellois à 1300. Conséquence : la rareté a fait flamber les prix sur le marché noir (le seul lieu désormais où l’on peut se procurer une licence).

Aujourd'hui, les autorités veulent retrouver un peu de transparence : acheteurs et vendeurs pourront négocier leurs prix. Le tout encadré par une commission spéciale. "Cette commission va essayer de jouer les arbitres, déclare Constantin Tsatsakis de l'association des taxis bruxellois, de façon à diminuer le prix de revient de ces plaques. Il faudrait, pour bien faire, plafonner à 30 – 50 000 euros pour pouvoir discuter."

50 000 euros, le maximum qu'un chauffeur peut investir pour qu'une licence (sans clientèle) soit rentable.

Les taximen pourront enfin demander de l'argent aux banques pour acheter une licence. Emprunts impensables jusque-là puisque la pratique était illégale.

Ce projet d'ordonnance doit encore recevoir l'avis du Conseil d'Etat ; avant d'être soumis au gouvernement en deuxième lecture. Il doit ensuite être voté au parlement.

Hélène Maquet

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