La FGTB Charleroi insiste : le vote du règlement mendicité a été reporté grâce à elle

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Illustration - © Belga - Jorge Dirkx

Daniel Piron, le secrétaire régional de la FGTB Charleroi, a distribué, ce mercredi lors d'une conférence de presse, ce qu'il présente comme le projet d'ordre du jour initial du conseil communal de Charleroi du 24 juin dernier. Rédigé dans le courant du mois de juin, le document prouve, selon le syndicaliste, que la majorité carolo (PS-MR-CDH) avait initialement bien l'intention d'adopter le règlement mendicité lors de la dite séance du conseil communal.

Dans ce dossier, la majorité carolo s'est défendue d'avoir voulu adopter le nouveau règlement dès la fin juin et l'entame des travaux d'un comité censé débattre de sa mise en application. Lundi dernier, le point ne figurait pas à l'ordre du jour de la séance du conseil communal carolo.

Mais selon Daniel Piron, ce sont les actions menées par la FGTB Charleroi qui ont permis de faire reculer la majorité. Et ce même si les représentants de la tripartite ne veulent pas le reconnaître aujourd'hui, a affirmé le secrétaire régional.

Revenant sur les missions du comité d'accompagnement, qui devrait commencer ses travaux vendredi prochain, Daniel Piron a rappelé que la FGTB attendait des solutions. Selon lui, le syndicat socialiste n'est toujours pas convaincu que le règlement mendicité, qui organise une mendicité itinérante au fil des jours de la semaine, est praticable. La FGTB doute que le déplacement de la mendicité puisse entraîner un déplacement des pratiques illégales qui y sont parfois liées.

Réaction du "Front Commun des SDF" de Charleroi

Le "Front commun des SDF", qui se présente comme le syndicat des personnes sans domicile fixe, a confirmé mercredi qu'il avait bien rédigé un courrier à l'attention de la FGTB Charleroi pour la remercier d'avoir défendu l'intérêt des "mancheurs" en critiquant le règlement mendicité présenté récemment par la Ville de Charleroi. "On peut comprendre que des autorités communales puissent prendre des mesures pour réguler la mendicité mais cela doit se faire en concertation", a affirmé Jean Peeters un représentant du Front commun des SDF. "Le mouvement ne demande pas spécialement à prendre part aux travaux du comité d'accompagnement, dont les travaux doivent commencer vendredi prochain. Mais si nous sommes invités à y participer, nous le ferons", a encore ajouté Jean Peeters. Selon lui, les représentants du Front commun des SDF n'avaient d'abord pas pris au sérieux la tentative de réforme du règlement mendicité de la Ville de Charleroi. "Historiquement, les autorités carolos avaient en effet toujours veillé aux intérêts des personnes sans domicile fixe", a souligné Jean Peeters.

Nouvelle réaction des autorités communales

Le Bourgmestre et les membres du collège communal de Charleroi ont, de leur côté, répété qu’il n’avait jamais été question d’inscrire le règlement mendicité à l’ordre du jour du conseil communal du 24 juin. Pour eux, le document auquel fait systématiquement référence Monsieur Piron, de la FGTB, correspond, en fait, à l’ordre du jour provisoire confectionné par l’administration et qui reprend automatiquement tous les points qui sont adoptés par les différents collèges communaux. A ce stade, il ne s’agit donc pas d’un document validé par le collège.

C’est en effet le collège qui décide des points qui constitueront l’ordre du jour du conseil communal. Tous les points adoptés par les collèges ne se retrouvent pas au conseil communal suivant. Chaque semaine, des points de l’ordre du jour provisoire ne se retrouvent plus dans l’ordre du jour définitif. L’ordre du jour définitif montre bien, lui, que le collège avait décidé de ne pas inscrire ce point au conseil communal du 24 juin.

Par ailleurs, le bourgmestre de Charleroi tient à rappeler que le collège ne fera pas marche arrière : " Ne pas prendre en considération la problématique de la mendicité serait occulter la réalité sociale carolo".

Pour le bourgmestre carolo, Paul Magnette (PS), le règlement mendicité sera bien voté en septembre, suite à la concertation qui aura lieu avec le comité d’accompagnement et dont la première rencontre est prévue ce vendredi 28 juin. Selon le communiqué de la Ville toujours, cette concertation fait suite à une série de consultations qui ont lieu, avant l’élaboration du règlement mendicité, avec les opérateurs sociaux de terrain.

Belga, Daniel Barbieux

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