La façade de la Maison du Peuple de Pâturages: un patrimoine en péril

"Le Triomphe du Travail", un sgraffite exceptionnel par sa taille et son sujet
"Le Triomphe du Travail", un sgraffite exceptionnel par sa taille et son sujet - © Stéphanie Vandreck

Un des plus remarquables sgraffites de la région (dessin gravé dans du mortier coloré, typique des façades Art Nouveau) se trouve sur la façade classée de la Maison du Peuple de Pâturages, dans le Borinage. L’œuvre est malheureusement bien mal en point. Le Centre Culturel de Colfontaine tente de la sauvegarder.

Le bâtiment a été construit en 1903, dans le style Art Nouveau, par l’architecte Eugène Bodson. En levant un peu les yeux, on peut en découvrir un de ses plus précieux trésors : un sgraffite, signé par le célèbre décorateur Paul Cauchie, intitulé Le Triomphe du Travail. "Il est exceptionnel par sa grandeur et remarquable par son sujet. A Bruxelles, par exemple, les sgraffites sur les maisons particulières sont plutôt des motifs décoratifs, mais ici il y a une dimension sociale et politique très importante par rapport au passé minier de la région", explique Laurence Van Oost, directrice du Centre Culturel de Colfontaine. On pense évidemment aux fresques qui ornent la célèbre maison Cauchie à Bruxelles, du même auteur. Mais si celui de la demeure bruxelloise a été magnifiquement restauré, celui de Pâturages, tout aussi remarquable, s’est détérioré au fil des années. "On a l’impression qu’il est noir et blanc. Mais en principe, il y avait des couleurs, qui se sont estompées avec les intempéries, la pollution".

Trouver des fonds pour la restauration

Le hic, c'est qu'on ne peut pas restaurer l’œuvre seule : toute la façade a besoin d'une importante rénovation. La coopérative, propriétaire de la Maison du Peuple, n'a pas les moyens de financer ces travaux sur fonds propres. C'est donc le Centre Culturel, hébergé juste derrière, qui prend les choses en main pour sensibiliser les pouvoirs publics et tenter de trouver des subsides. La Fondation Roi Baudouin a donc été sollicitée pour apporter son soutien moral à la récolte de fonds qui vient d’être lancée. Elle devrait permettre de financer la l’étape préalable au chantier : la désignation d’un auteur de projet. "Il posera un diagnostic précis de la situation, élaborera un cahier des charges. Ce qui nous permettra d’envisager d’être subventionnés pour les travaux qui suivront". Cette étape devrait coûter à elle seule une quinzaine de milliers d'euros.

Stéphanie Vandreck

 

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