La dette de la ville de Liège est-elle illégitime ?

L'étude évoque deux prêts octroyés par le Crédit Communal, à des taux de 12%, et même 15,1 %.
L'étude évoque deux prêts octroyés par le Crédit Communal, à des taux de 12%, et même 15,1 %. - © Flickr - claude lina

Un groupe de citoyens, baptisé ACIDE, vient de procéder à un audit : pourquoi, et comment, la municipalité, depuis septante ans, a-t-elle été continuellement à la merci de ses créanciers ? Les charges du passé ne peuvent-elles, ne doivent-elle pas être reconsidérées, renégociées ? Même si l'étude n'échappe pas à l'un ou l'autre parti-pris, les conclusions sont décapantes.

La notion de "dette odieuse", ou de "dette illégitime" commence à s'imposer dans la finance internationale. Il s'agit de considérer que des pays peuvent ne pas rembourser des emprunts, s'ils ont été contractés sans que la population n'en profite, sans que la population n'y consente. C'est souvent une manière de constester des dépenses somptuaires de potentats du tiers-monde. Mais un collectif de citoyen liégeois vient d'analyser, sous cet angle la situation de la ville.

Depuis l'origine historique du trou dans les caisses municipales, à savoir le refus du gouvernement de prendre en charge, comme ailleurs, les dommages de guerre, en 1945, jusqu'aux crises des années 80, l'étude évoque les licenciements d'agents, les privatisations, les démantèlements de services d’hôpitaux ou de crèches. Et surtout, évoque deux prêts octroyés par le Crédit Communal, à des taux de 12%, et même 15,1 %.

Le rapport parle de la rapacité de ce créancier, qui aurait plutôt dû exercer son rôle, légal, de conseiller des pouvoirs locaux. Les paiements de sommes dues à des intérêts hors normes pourraient donc être remis en cause. Alors que, dans les deux années à venir, d'énormes difficultés budgétaires s'annoncent, voilà, à tout le moins, de quoi alimenter le débat.

 

Michel Gretry
 

 

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