La Corderie à Hornu: 156 logements sociaux inhabitables à rembourser jusqu'en 2038

La Corderie, 156 logements vides depuis cinq ans
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La Corderie, 156 logements vides depuis cinq ans - © RTBF

La Corderie à Hornu, est un ensemble de quatre immeubles de cinq étages chacun. 156 logements dont le début de la construction remonte aux années 70. Mais ce quartier a des allures de cité fantôme. Portes condamnées, vitres brisées, appartements vides dont on aperçoit des reliques de papier peint. "Il y a des squatteurs qui entrent et qui parfois mettent le feu" nous dit une riveraine. "Je me souviens des gens qui habitaient ici, raconte une autre dame, on aurait pu attendre un peu avant de les expulser...".

L'évacuation des logements a démarré en 2011 et s'est terminée il y a deux ans. Les bâtiments ont été désaffectés suite à un rapport de la Société wallonne du Logement. La mise aux normes était impayable pour BH-P Logements, la société de logement social responsable du bâtiment. Les locataires ont tous été relogés. Et depuis, les voisins n'ont plus rien vu bouger... "S'il faut les raser, qu'on les rase, ou qu'on les rénove, remarque un voisin, c'est un peu triste, il y a tant de gens qui sont dehors...".

Un emprunt jusqu'en 2038

Stéphane Dierick, le directeur de BH-P comprend l’impatience des riverains. Il voudrait lui aussi trouver une solution rapide pour faire revivre ce quartier. Mais comme toujours, c'est l'argent qui est le nerf de la guerre. "Il faut pouvoir trouver des subventions pour financer des projets" explique le directeur. Il faut dire que la société de logement social est limitée dans ces choix par une dette du passé: "à l'époque, dans les années 70, on a imposé à notre société une forme d'emprunt en 66 ans, ce qui veut dire que les tours de la Corderie, nous devons les rembourser jusqu'en 2038!".

Autrement dit, en cas de démolition, il faudrait non seulement emprunter à nouveau pour payer le démontage et l'évacuation des déchets mais après, il faudrait continuer de payer les deux emprunts pour des logements disparus. La solution idéale serait bien sûr de rénover. Un projet est en route pour deux des quatre tours. "Pour les deux plus grandes tours, nous avons pu obtenir une subvention qui couvre 75% du budget" (estimé à trois millions d'euros), la réhabilitation devrait commencer en 2018.

Reste à trouver une solution pour les deux autres tours...  Une des pistes serait de proposer autre chose que du 100% logement social. "Les solutions passeront par des investissements à caractère classique, avec par exemple une partie en vente et une partie en location pour des personnes qui ont plus de revenus ou des résidences service pour personnes âgées, explique Stéphane Dierick. Cela permettrait de rembourser l'emprunt que nous avons dû consentir en plus de celui qu'il faudra contracter pour réhabiliter les tours. Il y a obligation de pouvoir obtenir des loyers plus élevés qu'actuellement, la moyenne étant de 240 euros par mois."

L'espace de la Corderie pourrait aussi être intégré à un projet plus vaste, développé sur des terrains appartenant à BH-P Logements et situés à l'arrière du centre commercial voisin. Mais pour cela, il faudrait modifier le plan de secteur...

Gérer le présent

Mais en attendant la concrétisation des projets, il faut gérer la situation actuelle. Quatre tours vides dans lesquelles il y a eu des vols et des dégradations. La sécurisation des bâtiments est compliquée. "Au delà des dégradations, il y a les risques d'accidents, nous avons essayé par tous les moyens d'isoler le bâtiment mais il faut savoir que même des portes dessoudées, on nous les dessoude..." conclut le directeur de BH-P.

 

Notre reportage sur la pénurie de logements sociaux en Wallonie

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