La commune d'Evere dit non à la 5G de Proximus, déployée en pleine crise du coronavirus

Evere, commune du Nord-Est de la Région bruxelloise, ne veut pas de la 5G de Proximus. Dans un courrier adressé à l’entreprise et à son conseil d’administration, le bourgmestre faisant fonction, Ridouane Chahid (PS), demande à l’entreprise "ne prendre aucune initiative relative au déploiement de la 5G light sur le territoire d’Evere".

Souvenez-vous : le 31 mars, alors que le pays est en confinement généralisé et que l’épidémie de coronavirus progresse, Proximus annonce le lancement de la 5G light. Avec la 5G, ce sont des vitesses de téléchargement et d’envoi beaucoup plus rapides sur votre smartphone, jusqu’à 30% supérieures à la 4,5G. Proximus précise qu’elle utilisera les bandes de fréquences qu’elle détient actuellement, déployées sur les antennes existantes et dans le respect des normes d’exposition aux champs électromagnétiques en vigueur. Mais voilà, la 5G fait peur en raison des émissions électromagnétiques. Tout récemment, un collectif de médecins a fait part de ses inquiétudes.

Aucun débat public autour de la 5G dans ces conditions

Peu après l’annonce de Proximus d’un déploiement en Flandre et en Wallonie – la Région bruxelloise qui applique des normes d’émission plus strictes n’autorise pas la 5G -, plusieurs communes expriment leur opposition au projet : Mons, Charleroi ou encore Kraainem en périphérie bruxelloise. Dans le Brabant wallon, des bourgmestres crient au scandale. Et à la mi-avril, l’opérateur doit suspendre (pas encore abandonner) ses projets à Ottignies-Louvain-la-Neuve.

En Région bruxelloise, plusieurs communes bordent la Flandre et s’inquiètent. Forest et Uccle demandent un moratoire. Idem pour Woluwe-Saint-Lambert. Aujourd’hui, place à Evere, qui jouxte Zaventem, concerné par le déploiement de la 5G.

"La Commune d’Evere a découvert par l’intermédiaire de la presse le déploiement de la 5G light par Proximus dont une part serait sur son territoire", indique dans son courrier Ridouane Chahid. "Si cela s’avère être exact, nous regretterions de ne pas en avoir été informé et consulté au préalable. Le déploiement de la 5G light fait toujours débat au sein de l’opinion publique et politique. Nous pensons d’ailleurs qu’une consultation citoyenne voire une enquête publique s’impose. La crise sanitaire que nous traversons ne garantit ni aux citoyen-ne-s ni aux autorités publiques le plein accès à l’information. Selon nous, il ne peut y avoir aucun débat public autour de la 5G dans ces conditions."

Tout cela nous évitera les fake news

Le bourgmestre le sait : la 5G fait l’objet de craintes mais aussi de fausses informations en lien avec l’épidémie de coronavirus. "Tout cela nous évitera les fake news, d’avoir des rumeurs qui sont lancées de part et d’autre, notamment sur les réseaux sociaux", précise-t-il à la RTBF. "Et si on pouvait avoir des informations directes de part de celles et ceux qui souhaitent le développer, ce serait une bonne chose en matière de participation citoyenne."

La commune réclame ainsi "un dossier technique décrivant les adaptations qui seront apportées pour chaque site d’antennes, les technologies mises en œuvre, les effets de ces adaptations sur le rayonnement électromagnétique ainsi que les modalités permettant de contrôler ces nouveaux équipements."

 

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