La cigarette électronique: un écran de fumée?

Ceci n'est pas une pipe
2 images
Ceci n'est pas une pipe - © Vinciane Votron

Ne dites plus fumer mais "vapoter". La cigarette électronique est peut-être LA solution proposée aux fumeurs invétérés. Ce serait moins cher et moins nocif. Certains l'ont bien compris et ouvrent des magasins spécialisés. Car les clients trouvent dans ces commerces de proximité des conseils qu'ils ne peuvent obtenir sur internet. 

Quand on entre dans cette boutique du centre ville de Binche, cela sent les cookies au chocolat, la gosette aux pommes, la tarte à la fraise, le popcorn ou le caramel beurre salé. Autant d'odeurs qui peuvent agrémenter le liquide des cigarettes électroniques. De quoi diminuer la consommation des clients. 90% de ceux qui poussent la porte de ce commerce du centre ville de Binche veulent arrêter de fumer. Mauricette témoigne: "Il était grand temps que j'arrête de fumer. Et voilà, j'en suis très contente. Depuis le 9 septembre l'année dernière, je n'ai plus mis une cigarette en bouche. C'est mon médecin qui est content et surtout moi et mon cardiologue où je vais volontiers maintenant, sans me faire gronder. Je fumais quand même deux paquets à 9€ par jour. Et ici, cela va me coûter 36€ et je suis partie pour un bon gros mois. Cela dépend si je "vap" beaucoup ou pas."

Moins de risque

Sébastien Lorriaux  est tabacologue à Leuze: "La cigarette électronique est considérée comme un moyen de fumer avec moins de risque. On peut l'utiliser dans notre arsenal thérapeutique pour diminuer une consommation ou la remplacer totalement. Il faudra un recul de 30 ans nécessaire pour voir les effets réels de la cigarette électronique sur l'organisme, mais on a quand même toutes les raisons de penser que ce sont de moindres problèmes physiques qui vont apparaître tout simplement parce qu'il n'y a pas d'exposition à la fumée et donc au monoxyde de carbone. Cela concerne les maladies cardiovasculaires mais également le goudron, responsable de toutes les affections cancéreuses." 

Succès au rendez-vous

Les clients viennent surtout dans ce magasin spécialisé pour chercher des conseils personnalisés, qu'on ne trouve pas forcément sur internet. "C'est aussi une question de confiance. J'ai beau acheter d'autres produits, cela ne me convient pas. J'ai essayé, cela ne m'a pas plu, je reviens ici." David Zambito est un des premiers à s'être lancé dans cette aventure commerciale en Belgique. Et aujourd'hui, les affaires marchent plutôt bien: "Pour commencer, il faut compter un budget de 60 à 80 euros pour bien démarrer avec des batteries, du e-liquide, un réservoir et une résistance. On s'est lancés là-dedans en janvier 2014. On a trois boutiques et on ouvre une quatrième en janvier à Jolimont." Le succès est tel que ce professionnel de la cigarette électronique a désormais sa propre marque: "On fait appel à un laboratoire du Nord de la France qui produit nos e-liquides et nos concentrés sans produits nocifs pour la santé".

Un business florissant. Arrêter de fumer deviendrait plus simple, reste toutefois la volonté d'y arriver.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK