La chasse est officiellement ouverte: voici comment se préparent les chasseurs

Il y a bien sûr les indispensables, comme des munitions, une carabine et une trousse médicale. Mais chasser, cela se prépare méticuleusement, comme va nous l’expliquer Bernard Willem, chasseur depuis 53 ans dans la province de Namur.

Un équipement protégé

Sur la table, Bernard a préparé tout le nécessaire. On remarque tout de suite le gilet fluorescent ainsi que le chapeau, dans des tons rosés. "C’est une couleur que les animaux ne voient pas", explique le chasseur. Juste à côté, une petite mallette. "Elle contient mes munitions, ma radio, mais aussi des pansements compressifs. Si jamais il y a un blessé, j’ai toujours ce qu’il faut dans ma veste." Il emporte également sa chaise pliable, "car ça peut durer très longtemps", dit-il, et une cape pour se protéger des intempéries.

Mais un chasseur doit aussi transporter sa carabine, et cela ne se fait pas sans règles… "Il y a un cadenas sur l’arme, mais également sur la housse de l’arme. Et quand on prend la voiture, la carabine ne doit pas être située à côté des munitions. C’est la loi : il faut qu’elles soient séparées pour plus de sécurité."

Veiller à la sécurité des promeneurs

Autre élément indispensable : les affiches d’interdiction de circuler, à destination des promeneurs. "On doit les mettre deux à trois jours avant la battue. Je donne mes dates de chasse au Service Public de Wallonie, et puis ils me donnent l’autorisation d’interdire le passage à ces dates. J’ai autorisation de fermer les chemins communaux. Sur ces affiches, on peut voir les noms des responsables de la battue, et leurs numéros de téléphone au cas où. C’est pour protéger les promeneurs et éviter les accidents", explique le chasseur. Mais cela ne suffit parfois pas. "Alors je préfère appeler les riverains ou mettre un mot en dessous de leur porte pour les informer. Sinon ils s’inquiètent, s’ils entendent des coups de carabine. Du coup, en faisant comme ça, ils sont prévenus et ça se passe bien."

Des règles strictes

Il y a ensuite la préparation sur le terrain, avant le début de la chasse. "Je commence par dire à chaque chasseur qu’ils sont responsables des tirs qu’ils font. Ils ne peuvent pas faire des tirs trop longs, car cela pourrait ricocher et se perdre n’importe où. Ils ont aussi comme obligation de respecter un angle de 30% vis-à-vis de leur voisin. Et puis on dit le gibier qu’on peut tirer ou pas. En octobre, par exemple, on ne peut pas tirer la femelle du chevreuil car le jeune a besoin de sa mère à ce moment-là. Et celui qui ne respecte pas ça, il doit payer une amende", précise Bernard.

Et ce n’est qu’une partie des règles à respecter. "Il y a des règles, mais c’est parce qu’on prend de plus en plus en compte la sécurité, ainsi que l’éthique. Il y a beaucoup plus de respect des animaux par rapport à avant", dit Bernard, ému en pensant à sa 53e saison qui débute."Ça fait toujours un pincement au cœur, quand c’est l’ouverture de la chasse, car on retrouve des amis, il y a l’odeur des feuilles mouillées, le bois qui se colore, les champignons… C’est une ambiance particulière, avec les chiens qui aboient, et tout le monde se connaît donc c’est très convivial", confie Bernard.

En Wallonie, la demande de permis de chasse est en légère augmentation. On compte environ 18.000 permis en Wallonie actuellement.

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