La châsse de Saint-Symphorien est un trésor

La châsse de Saint-Symphorien est un trésor
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La châsse de Saint-Symphorien est un trésor - © Tous droits réservés

Le coffret en cuivre doré contenant des reliques de Saint-Symphorien est conservé depuis le XIIème siècle dans le village homonyme de Saint-Symphorien, situé près de Mons. Cette châsse vient d’être reconnue comme "trésor" par la Commission du patrimoine culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Un classement en raison de la valeur artistique et historique de l’objet. Il faut dire que la châsse de Saint-Symphorien est une des plus belles et des plus anciennes châsses de Belgique.

Etienne Moureau, président de la fabrique d’église nous parle d’abord de ce saint qui a inspiré le nom même du village : " Saint-Symphorien est un saint martyr, né à Autun, en Bourgogne, il était de famille noble. Converti au christianisme, il a été martyrisé en 180 après J-C pour avoir refusé d’honorer la déesse Cybèle". Le lien avec le Hainaut et la région de Mons, on ne le trouve qu’en 1177, lorsque qu’un évêque offre la châsse de Saint-Symphorien lors de l'installation d'autels à Spiennes et au village qui prendra le nom de Saint-Symphorien.

Cette châsse du 12ème siècle va traverser le temps, elle échappe aux vols et aux révolutions pour parvenir jusqu’à nous. Etienne Moureau précise bien qu’il n’a pas fallu attendre la reconnaissance comme " trésor " pour en connaitre la valeur : " c’est une des plus belles châsses de Belgique, elle est considérée comme la doyenne dans son domaine ". L’objet a été exposé à plusieurs reprises, dont la dernière fois, l’an dernier à Liège pour une exposition sur les châsses du moyen âge à nos jours. " C’était la vedette de cette exposition car c’est une pièce représentative de l’art rhéno-mosan au XIIème siècle. Mais elle est très jolie aussi parce qu’elle est décorée d’émaux de très grande valeur". Son contenu, on le connait car la châsse a été ouverte. On trouve un morceau de crâne attribué à Saint-Symphorien mais aussi une série d’objet divers et étonnants, comme par exemple un fragment de la pierre sur laquelle la tête du Christ aurait reposé…

Un trésor, ça change quoi?

Ce classement par la Fédération Wallonie-Bruxelles imposera-t-il des contraintes ou des mesures de protection particulières ? Pas vraiment assure le président de la fabrique d’église : " La châsse est déjà tout à fait sécurisée, elle est en hauteur, il y a un système d’alarme dessus, il y a tout un jeu complexe de cadenas, il faut une demi-heure pour la descendre… Au point de vue de la manipulation, on utilise déjà des gants de coton. La seule contrainte concerne ses sorties. On ne peut pas l’envoyer à l’étranger sans autorisation. Pour les processions, j’espère avoir une autorisation générale. "

La châsse de Saint-Symphorien est en effet processionnée trois fois par an. Lors du jeudi de la pentecôte,  lors de la procession du Car d’or à Mons et lors de la fête du village le 21 août. Ces sorties sont assurées par la Confrérie de Saint-Symphorien. Un groupe reformé dans les années 70 et présidé par Yves André. Pour lui, cette reconnaissance comme " trésor " ne va pas changer grand-chose. " Depuis plusieurs années, on est bien d’accord pour ne sortir la châsse que trois fois par an. On participe à d’autres processions, à Gerpinnes, à Saint-Ghislain, à Frameries, mais sans la châsse, on ne souhaite pas l’exposer plus que de raison ".

Pour admirer la châsse, le meilleur moyen est donc de se rendre dans la petite église de Saint-Symphorien où elle est exposée toute l’année, bien à l’abri sous un boitier en verre.

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