La chanteuse Marie Warnant, harcelée en rue: "La connerie n'a pas de couleur, pas de localisation particulière"

"Sale chienne! Sale chienne à abattre! Grosse salope!"  Voilà le genre d'insultes que Marie Warnant a dû entendre, ce dimanche matin.

La chanteuse était sortie de son domicile schaerbeekois pour aller s'acheter une canette de soda dans une épicerie voisine. C'est à ce moment-là que deux individus ivres circulant en voiture ont ralenti pour la harceler à plusieurs reprises. De "Mademoiselle, t'es jolie, viens jouer avec nous..." à "Grosse chienne! Appelle la police, on en a rien à cirer!", en passant par des moqueries et d'autres insultes sexistes, la teneur des propos tenus a vite dépassé le tolérable. "Je ne vais pas me taire, car ce genre de comportement est totalement inacceptable", explique la chanteuse, réputée pour son humanisme, sa tolérance et son ouverture d'esprit. "Ce n'est pas la première fois que je suis victime de propos sexistes en rue. Mais cette fois, la violence des paroles était vraiment trop choquante".

Le web s'emporte

"J'ai raconté ma mésaventure sur une page privée de mon réseau social. Mais très vite, les commentaires se sont répandus sur la toile", explique Marie... Commentaires avec les dérapages racistes et les amalgames qui ont suivi. "Ces dérapages sont pathétiques, commente l'artiste. Je n'ai fait aucune référence de nationalité par rapport à ces deux individus. Et j'aime ma commune, Schaerbeek. Mais des personnes font des interprétations abusives sur internet. Moi, je tiens à dire que la connerie n'a pas de couleur, pas de localisation particulière".

"A croire qu'il faut qu'on prenne des coups"

La chanteuse a rapidement déposé plainte à la police. En arrivant au commissariat, une policière lui a dit: "Vous pouvez toujours porter plainte, Madame. Mais cela a peu de chances d'aboutir..." Des propos qui ont choqué l'artiste. "A croire qu'il faut qu'on prenne des coups pour que l'on tienne vraiment compte des victimes de harcèlement", déplore Marie. Le porte-parole de la zone Nord nous a assuré que des formations sont dispensées aux agents pour éviter ce genre de couac. Il nous a certifié qu'un travail interne était en cours pour sensibiliser les policiers à ce genre de problématique.

Reste que très peu de victimes portent plainte... A la police, comme dans les communes où les insultes ou le harcèlement de rue font l'objet de sanctions administratives. Une loi punit ce genre de méfait. Les harceleurs risquent des amendes, voire des peines de prison. Mais dans les faits, peu de dossiers aboutissent. "Certains victimes ont peur des représailles", explique l'associatif. D'autres se résignent, estimant ne pouvoir apporter les preuves ou les témoignages nécessaires. Car identifier l'auteur, preuves à l'appui, est compliqué. "Malgré cela, il faut porter plainte", nous explique Julie Wauters, de La Maison des Femmes, à Schaerbeek. "Car en parler, c'est déjà  se libérer d'un fardeau. De plus, il ne faut pas se terrer dans le silence. Les harceleurs peuvent finir par se faire coincer. Il faut surtout éviter de banaliser le harcèlement. Car le problème est grave et très fréquent. D'où l'importance aussi, de travailler sur la sensibilisation."

Enfin, certaines associations proposent des formations aux femmes. Cours de self-défense, formations de défense verbale,... plusieurs modules sont organisés pour agir et réagir. C'est par exemple le cas à l'asbl Garance, à Molenbeek, qui explique qu'il est possible de se protéger contre les manipulateurs et autres harceleurs.  

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