La campagne givrée fait le bonheur des photographes amateurs

Si proche, si beau: des petits coins de paradis au pas de la porte
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Si proche, si beau: des petits coins de paradis au pas de la porte - © Tous droits réservés

Des stalactites aux dunes de neige, en passant par les couchers de soleil et les pleines lunes… Ça mitraille sec, dans nos bois et nos campagnes ! Depuis le début du confinement, les photographes amateurs s’en donnent à cœur joie. Difficile de manquer ces clichés poétiques, sur Instagram, whatsapp ou Facebook. La photo devient le passe-temps favori des uns, une source de réconfort et d’évasion pour d’autres, à une époque où les destinations exotiques sont inaccessibles.

Jamais elle n’aura autant usé ses bottines de marche, sur les sentiers de la campagne environnante. Dès que son travail lui offre un peu de répit, Christelle Druart parcourt sa région. Jurbise, Lens, Soignies… La Masnuysienne varie les itinéraires et les horaires de ses sorties, pour immortaliser des paysages enchanteurs. 

Ce que sa passion lui apporte? De l'évasion, tout d'abord, la possibilité de rêver les yeux grands ouverts. "Depuis mon plus jeune âge, je lis énormément. Et je pense que, tout comme la lecture, la photographie invite au rêve, à l’évasion". Nous l'accompagnons sur un de ses circuits favoris, à travers champs. "Ici, où nous nous trouvons, j’ai l’impression de me trouver dans les Landes. Avec ces arbres dans la brume, ces moutons… Les moutons, je les ai déjà photographiés au printemps, en été, en automne. Et voilà une série de clichés en plein hiver !"

Il y a 6 ans, lors d’une période de vie très difficile, Christelle découvre les vertus presque "thérapeutiques" de la photo. "J’étais en arrêt maladie, la photographie a constitué pour moi une bouée de sauvetage dans le sens où cela m’a poussé à sortir chaque jour de chez moi pour me balader à travers la campagne. C’est ce que l’on préconise, lors d’un burn-out". Depuis lors, l’appareil photo n’est plus jamais resté dans un tiroir.

Les sorties sont devenues quasiment quotidiennes, en compagnie de la fidèle Lana. Au retour, Christelle aime partager ses clichés. "Lors du premier confinement et à la demande de certaines personnes, il m’est apparu comme essentiel de divertir les gens de l’entité en leur proposant une découverte ou redécouverte de nos plus beaux paysages environnants. J’ai reçu beaucoup de retours. Des gens me disaient 'mais où cela se trouve-t-il ? J’habite depuis des années dans l’entité, je n’ai jamais vu cet endroit, ce monument…". Certaines photos ont entraîné des confidences, le partage d’un souvenir. "J’ai parfois peur de lasser mais je découvre toujours à chaque promenade de nouveaux détails suivant les saisons, la lumière du jour, la course des nuages".

Chemin faisant, nous arrivons avec Christelle sur l’un de ses "spots" favoris, derrière la place du village de Masnuy-Saint-Pierre. "Un de mes sujets de prédilection, c’est cette croix du souvenir, au cimetière. J’aime aussi photographier des couchers de soleil, avec au loin le clocher du village voisin, et l’alignement de peupliers qui semblent veiller sur notre village et auraient sans doute bien de belles histoires à nous raconter". La photographe s’arrête tout le temps, incapable de résister à la courbure particulière d’un saule, à la dentelle de givre d’une clôture. "C’est un peu embêtant pour ceux qui m’accompagnent en promenade, je m’arrête tout le temps". Lana a l’habitude, et sait comment sur la laisse, pour rappeler sa maîtresse à l’ordre…

Sa page Facebook s’intitule "The Red Poppy", le coquelicot rouge. "Le coquelicot est un symbole d’espoir, d’été. Une période où on se sentira mieux. Cela me parle beaucoup, d’autant que je suis atteinte de polyarthrite. Les gens qui souffrent de cette maladie se disent toujours "demain, ça ira mieux".

Un message qui peut parler à tous ceux qui attendent la fin de la pandémie, et le retour à la vie normale. Peut-être pour la saison des coquelicots ?

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