La Blanc Bleu Mixte, une race bovine oubliée relancée en Wallonie

Johan vandromme, éleveur de la Ferme du Terniau
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Johan vandromme, éleveur de la Ferme du Terniau - © Tous droits réservés

Johan et Cindy Vandromme gèrent un élevage de 270 Blanc Bleu Mixte dans leur ferme du Terniau, à Vergnies, dans l'entité de Froidchapelle. Une race ancienne, une vache rustique de nos campagnes, qui fournit de la viande et du lait, mais qui avait quasi disparu au profit du BBB, le Blanc Bleu Belge. " Heureusement, un groupe d'agriculteurs wallons s'est battu pour sauver la race, dans les années 70, explique Cindy. Le papa de Johan en faisait partie. Il a travaillé toute sa vie à l'amélioration de cette race, et nous en sommes très fiers".
Un combat soutenu par l'Europe, confirme Johan : "la Blanc Bleu Mixte a été reconnue comme espèce menacée au début des années 90. Du coup, nous bénéficions de subsides européens et d'un programme de suivi au niveau génétique. Ca a permis de sauver la race, car quand il reste très peu d'animaux, il faut quand même essayer de sortir des origines". Aujourd'hui, la Wallonie compterait un peu plus de 4.000 têtes, pour 600 en Flandre et la même chose dans le Nord de la France.

Cette volonté de préserver une race du terroir va de paire, pour le couple de fermiers, avec un passage au bio. Depuis une dizaine d'années, les bovins sont nourris uniquement d'aliments bio, et produits sur place : "Notre principe est l'autonomie fourragère, c'est-à-dire  que nous produisons sur place  tout ce dont les animaux ont besoin. En ne passant pas par l'industrie, nous avons la garantie de la qualité des produits." explique Johan. Les bêtes passent l'hiver dans des étables spéciales, de grande superficie et avec ouverture à ciel ouvert. Dès que possible, elles sont transférées dans les prairies avoisinantes. Johan Vandromme remarque que les animaux sont moins souvent malades, ce qui signifie moins de frais de vétérinaires et moins d'antibiotiques pour les bêtes.  

Voilà qui intéresse beaucoup Greenpeace, venu faire un portrait vidéo de la ferme. L'organisation environnementale rappelle que, d'après une étude de l'UCL, l'alimentation animale compte pour la moitié des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur de l'élevage intensif, à cause des aliments importés, précise Sébastien Snoek, l'un de leurs experts. " La Belgique est complètement dépendante, dans ce secteur, des importations de soja, qui viennent en grande partie d'Amérique Latine, et qui contribuent à détruire l'éco-système. ici, Johan et Cindy nous montrent qu'en travaillant avec d'autres races, d'autres manières de produire, on peut arriver à une autonomie de 100% au niveau de la ferme. Et ça, c'est le futur".

Le travail est important, et lourd, puisqu'il faut traire les vaches tous les jours. Mais, conclut Johan, "avec cette race et le bio, nous avons une plus-value sur notre lait et sur notre viande. Donc, oui, l'investissement est là, mais la récompense est là aussi : nous n'avons pas beaucoup de problèmes avec le bétail ! Vous savez, ce sont les problèmes qui font les pertes dans certaines fermes...Et puis, nous travaillons sur le long terme, et donc pour nos enfants, qui sont prèts à prendre la relève ! " 

 

 

 

 

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