La Belgique dans le froid : beaucoup de travailleurs encore actifs à l'extérieur

La Belgique dans le froid : beaucoup de travailleurs encore actifs à l'extérieur
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La Belgique dans le froid : beaucoup de travailleurs encore actifs à l'extérieur - © Tous droits réservés

Ce lundi matin, dans certaines régions de Wallonie, le thermomètre indiquait moins six degrés aux premières heures de la journée. Au cours de la matinée, le soleil a pu réchauffer un peu l’atmosphère, aidé en cela par un ciel globalement dégagé sur tout le pays mais avec des températures proches de zéro et de la neige annoncée en fin de journée, tout cela n'a rien de réjouissant pour ceux qui travaillent dehors. D’autant plus qu’après un hiver particulièrement clément l’année dernière, les travailleurs belges ont peut-être un peu perdu l’habitude d’endurer les grands frissons des vortex polaires. Certains chantiers sont d'ailleurs suspendus depuis plusieurs jours, notamment dans le secteur de la construction, mais beaucoup de travailleurs ne peuvent pas arrêter comme cela leurs activités.

À Mons, le thermomètre indiquait encore moins trois degrés vers dix heures du matin mais sur un toit du centre-ville, une équipe de couvreurs profitent du temps encore sec pour avancer le plus possible dans la réfection d’une ancienne toiture : "l’année passée c’était une très bonne année, on n’a pas eu de froid, cette année-ci c’est différent" commence Philippe Fievet, le chef de l’équipe. "C’est dans l’envie, c’est dans les hommes, c’est dans le moral. Si les hommes se sentent bien ils sont là, si pas ils ont le droit d’invoquer le risque d’intempéries, ça dépend des personnes aussi je pense. Mais bien sûr, s’il y a une tempête de neige demain matin à ce moment-là on ne travaillera plus sur les toits" complète-t-il.

Un travailleur possède évidemment un droit de retrait s’il estime que les intempéries mettent sa santé en danger. Et dès que le mercure chute en dessous des cinq degrés, les employeurs doivent prendre des mesures pour aider les travailleurs à tenir face au froid. Les équipes de la Société wallonne des eaux par exemple savent qu’elles peuvent être appelées à tout moment pour des réparations d’urgence. Alors en cette période quelques aménagements sont prévus pour faire face à l’hiver : "quand ils ont besoin de boire du chaud ils boivent du chaud évidemment, on ne les laisse pas comme ça éternellement dans le froid. Il y a des pauses pour se réchauffer mais nous devons toujours être prêts à l’action" nous explique Carmelo Panarisi, le responsable des opérations du centre montois de la SWDE. Prévoir des vêtements adaptés, limiter l’exposition au froid et proposer des pauses au chaud, tout cela est en effet obligatoire mais la loi ne mentionne cependant aucun seuil en dessous duquel il serait totalement interdit de travailler. Alors pour certains c’est tout simplement quel que soit le temps : "On a déjà travaillé à des moins dix, moins quinze degrés" poursuit Carmelo Panarisi. "Pour nous, il n’y a pas d’intempéries qui tiennent, s’il y a urgence il faut intervenir" insiste-t-il.

Dans les plus petites structures et chez les indépendants aussi le travail ne peut bien souvent pas s’arrêter pour cause de grand froid. La coopérative "Coursier wallon" propose des livraisons à vélo à Mons et à Namur depuis quelques années. Après plusieurs hivers passés à pédaler malgré un temps glacial, on sait aussi que c’est la solidarité de l’équipe qui tient chaud. Ce lundi matin, c’est le patron Olivier qui apporte son café à Romain, le coursier du jour sur Mons. Il lui faut bien ça pour repartir du bon pied : " au bout d’un moment ça devient vital " plaisante-t-il. "Mais j’avais prévu de bien me couvrir car si vous attrapez froid à un moment c’est fichu" résume-t-il. Tous les courageux de ce début de semaine ont donc fait contre mauvaise fortune bon cœur, mais ils le savent bien : ils n’en sont qu’aux tout débuts de l’épreuve annuelle du froid.

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