La balle pelote, un patrimoine wallon qui tente de résister au temps

La balle pelote, un patrimoine wallon qui tente de résister au temps
La balle pelote, un patrimoine wallon qui tente de résister au temps - © Mathieu Baugniet

Le jeu de paume date du Moyen Âge. Au fil des siècles, il a évolué pour devenir un sport à la fin du 19e siècle, époque où les règles ont été codifiées définitivement. Après une lente érosion à la fin du 20e siècle, la discipline est toujours pratiquée aujourd'hui dans nos contrées. Mais énormément de ballodromes ont disparu et les joueurs - des milliers- ne sont plus que des centaines à travers la Wallonie. 

Certaines régions des provinces de Namur et du Hainaut sont devenues des "villages d'irréductibles". Exemple à Senzeilles dans la commune de Cerfontaine. Ce samedi, l'équipe locale affrontait Warnant. Une lutte (une rencontre) au sommet dans la série entre deux "sociétés" namuroises. Résultat : Senzeilles s'est finalement incliné 11 jeux à 13 sur le fil.  

Recruter des jeunes, un défi existentiel 

Sur la place du village, le terrain de 72 mètres a récemment été refait. Le bitume est neuf et les limites de jeu ont été tracées à la peinture blanche. Deux équipes de cinq personnes s'affrontent. Une centaine de personne assiste à la lutte. Beaucoup d'anciens joueurs et puis quelques jeunes. "Toute ma famille a joué à la balle pelote. Moi, j'ai commencé dés mes quatre ans et depuis j'ai toujours joué", explique Arold 12 ans. 

Mais les équipes de minimes et préminimes sont rares dans les clubs wallons. "Ce serait bien qu'un peu plus de jeunes continuent à en faire. Dans mon quartier, peu d'enfants connaissent ce sport", détaille Tom 13 ans. "C'est important de créer des équipes de jeunes pour la continuité de ce sport". Pour Benoît Goffin, historien et qui a écrit deux livres sur la discipline "il serait opportun que ce sport soit enseigné à l'école. Mais cela bloque"

Malgré le déclin, la résistance s'organise 

Jean Davin est l'un des 5 derniers fabricants de gants en Wallonie. "Moi, j'ai joué jusque 52 ans à Warnant. Mon fils n'a jamais joué mais mon beau-fils, oui. J'espère que mon petit-fils jouera un jour et que je pourrai lui faire son gant".

Du côté de la Fédération des jeux de paume Wallonie-Bruxelles, on tente de se réinventer depuis les années 2000. Les compétitions ont été revues, une coupe du monde organisée et des efforts pour entretenir ce sport patrimonial ont été décuplés. Résultat : la discipline moribonde résiste, encore et toujours. 

"Plus qu'un sport"

"On joue à la balle, certainement depuis le 14e siècle dans nos régions. C'est un patrimoine en voie de disparition. Moi, j'ai envie de dire que le jeu de balle est plus qu'un sport. Il a une dimension supplémentaire de par son ancienneté. C'est une sorte du supplément d'âme et d'histoire", explique Benoît Goffin. "La balle pelote est l'un des derniers indices du passé, de cette société traditionnelle où on parlait wallon et lorsque les gens des villages se connaissaient bien. La discipline a aujourd'hui du mal à trouver sa place dans la société moderne. Malgré cela, elle résiste car elle est représente souvent un héritage pour beaucoup de familles wallonnes".  

Un langage fleuri et des expressions anciennes 

Une particularité de ce sport est qu'il est fait de rites, et de traditions. La transmission de génération en génération en est une. Il y a aussi le langage, fleuri et imagé, de ce sport avec ses notes de wallon.
 
Il y a également les expressions : "Jeu de mains, jeu de vilains" ou "qui va à la chasse perd sa place". Ces anciens dictons trouveraient leur origine au Moyen Âge dans le jeu de paume, l'ancètre de la balle pelote selon l'historien Benoît Goffin. 

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