La 5G se précise à Bruxelles mais inquiète

La 5G se précise à Bruxelles mais inquiète
La 5G se précise à Bruxelles mais inquiète - © © Jonas Hamers / ImageGlobe

La 5G, l'internet mobile ultra rapide, est sur les rails à Bruxelles. Cela fait des mois et des mois que les opérateurs de téléphonie réclament avec insistance un assouplissement de la norme d'émission pour le déploiement de cette technologie. C'est en passe de se concrétiser. La norme d'émission de 14,5 volts/mètre a été retenue par la ministre bruxelloise de l'environnement, Céline Frémault, contre 6 volts/mètre actuellement. Cette augmentation inquiète les associations qui luttent contre la pollution électromagnétique.

C'est sur base des recommandations de l'IBPT, le régulateur belge des télécoms que Céline Frémault a pris sa décision. " Le rapport est on ne peut plus clair. Il indique que les réseaux sont saturés au point qu’ils ne suffisent plus pour développer la 4G. Deuxièmement, il est techniquement impossible de développer la technologie 5G aujourd’hui. Et il est surtout impossible de remplacer une ancienne technologique, que ce soit la 2G ou la 3G, pour permettre l’implémentation de la 5G. Et l’IBPT préconise d’adopter une norme proche de celle de l’Organisation Mondiale de la Santé qui peut aller jusqu’à 41,5 volts/mètre. "

Mais pour la ministre, c’est aller trop loin. En vertu du principe de précaution, elle a opté pour la norme la plus basse recommandée par le régulateur à savoir 14,5 volts/mètre. Une norme 20 fois plus stricte que ce que préconise l'Organisation Mondiale de la Santé.

Irresponsable

L’argument ne convainc toutefois pas la plateforme grONDES qui milite pour des technologies mobiles respectueuses de la santé. " Ça nous paraît tout à fait irresponsable, particulièrement dans une ville comme Bruxelles qui est une des plus densément peuplée au monde " commente Olivier Galand, son porte-parole. " Déjà avec la norme que nous subissons actuellement qui est de 6 volts/mètre, on est déjà 4 fois au-dessus de ce qui est préconisé par le Conseil Supérieur de la Santé en Belgique. Ce n’est pas la première fois que l’on est confronté à ce type de situation. On l’a déjà vécu avec le tabac, avec l’amiante ou les perturbateurs endocriniens. Il a fallu que le problème devienne flagrant pour qu’on le reconnaisse. Et que des mesures plus strictes soient prises ".

Il faut à un moment savoir ce que l’on veut " rétorque la ministre. " Est-ce que Bruxelles demain doit-être une capitale de l’Europe sans 5G avec un réseau saturé à 4 volts/mètre ?  Je pense que non. Par contre notre responsabilité c’est d’avancer en balisant un maximum, notamment avec les opérateurs. Par ailleurs, l’ensemble des citoyens seront consultés. Il y aura aussi des études qui concernent le diagnostic et la qualification des personnes qui déclarent souffrir d’électrosensibilité. Des campagnes régionales de mesure seront également menées. Et on va encore travailler à diminuer au maximum les points de concentration les plus élevés. Donc les balises sont là ".  

Progrès et environnement

La plateforme grONDES ne s’opposent toutefois pas au progrès. Mais pour elle, le progrès passe par impact moindre sur l’environnement. Olivier Galand détaille : " Or en ce qui ce qui concerne les technologies mobiles, jusqu’ici, c’est tout le contraire qu’on observe. Chaque fois qu’on avance, que l’on passe de la 2G à la 3G à la 4G et maintenant à la 5G, la pollution électromagnétique augmente. Des normes plus strictes sont un incitant au progrès technologique. Vous verrez que si on leur impose, les constructeurs, autant que les opérateurs vont s’adapter et développer des technologies qui peuvent fonctionner avec ces puissances-là. Et c’est tout à fait possible ".

Le texte de la ministre devrait être avalisé par le gouvernement bruxellois d’ici la fin de l’année. La révision de la norme ne sera effective qu'au moment où la 5G sera déployée. Sans doute pas avant 2020. Et elle ne pourra l'être qu'avec le feu vert du régulateur des télécoms.

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