L'université de Namur va perdre 2/3 de ses étudiants en médecine vétérinaire

Les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles diplôment presque 4 fois plus d'étudiants en médecine vétérinaire qu'il y a dix ans. Désormais, les étudiants passeront un concours à la fin de la première année.
Les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles diplôment presque 4 fois plus d'étudiants en médecine vétérinaire qu'il y a dix ans. Désormais, les étudiants passeront un concours à la fin de la première année. - © Belga

Les étudiants en première année de médecine vétérinaire sont en examens, comme tous les universitaires. Mais réussir les examens ne sera pas nécessairement suffisant pour passer en deuxième année. Pour limiter le nombre d'étudiants, un concours les attend en effet à la fin de cette année. L'université de Namur sera particulièrement touchée.

Quatre fois plus d'étudiants qu'il y a dix ans

Il y a beaucoup d'étudiants en médecine vétérinaire à l'université de Namur. Ils sont encore 300 à s'être inscrits en première année de bac cette année.  Si on additionne les trois années de baccalauréat, on arrive au nombre de 600 étudiants. A l'université de Namur, un étudiant sur dix fait des études de vétérinaire.

La tendance est aussi observée dans les trois autres universités qui organisent ces études : l'ULg, l'UCL et l'ULB. Les étudiants en médecine vétérinaire sont quatre fois plus nombreux qu'il y a dix ans. Et ce n'est plus à cause des étudiants français, dont l'accès est désormais strictement limité par un quota (20%).

Le problème c'est que les universités ne sont pas équipées pour encadrer autant d'étudiants. Surtout en maîtrise, que seule l'ULg est habilitée à organiser. La qualité de la formation en pâtit, notamment les travaux pratiques. Il n'y a pas assez d'animaux, pas assez de matériel, pas assez de stages...

De plus, un nombre croissant de vétérinaires diplômés a des difficultés à trouver du travail.

Un concours à la fin de la première année

L'ULg demandait une mesure de limitation du nombre d'étudiants depuis plusieurs années. Les trois autres universités, qui n'organisent que le baccalauréat, aurait préféré une formule moins radicale que le concours. Mais le ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt a tranché en imposant le concours à la fin de la première année et un quota d'étudiants admis en deuxième année dans chaque université : 105 pour l'ULg, 80 pour l'université de Namur, 51 pour l'UCL et 40 pour l'ULB. Ces quotas ont été fixés sur la base des inscriptions enregistrées au cours des 6 dernières années.

L'ULg est soulagée. Elle va certes perdre des étudiants, mais devrait retrouver d'ici quatre à cinq ans un volume d'étudiants en maîtrise plus conforme à ses capacités. L'ULB et l'UCL perdent des étudiants, mais vu leur taille, l'impact sera limité. Par contre, pour l'université de Namur, qui n'est pas une université complète et qui accueille seulement 6500 étudiants, la perte est proportionnellement beaucoup plus lourde.

C'est un bouleversement pédagogique. Et une grosse perte financière. L'université de Namur a fait ses comptes : cette mesure pourrait lui coûter un million d'euros par an.