L'un des magistrats du dossier des Tueries du Brabant est décédé

Jean-Michel Schlicker, photographié fin des années 90.
Jean-Michel Schlicker, photographié fin des années 90. - © ROBERT VANDEN BRUGGE - BELGA

C'est ce mardi matin qu’ont lieu les funérailles, à Nivelles, du magistrat Jean-Michel Schlicker. Il fut l'un des premiers à instruire le dossier des tueurs du Brabant dans les années 80, ce qui fut pour lui très pesant. Jean-Michel Schlicker, disparu la semaine dernière à l'âge de 68 ans, était également très impliqué dans la vie locale.

Jean-Michel Schlicker laissera le souvenir d'un homme jovial. Un magistrat dont la porte était toujours ouverte. En 1980, il fonde avec quelques nivellois la confrérie de la Tarte Al D'jote, devenue depuis une institution du folklore local.

Jean Vandendries (journaliste) en était aussi à l’époque: "Pour l’anecdote : il était chargé de faire respecter le serment que les candidats-chevaliers d’honneur devaient prêter. On avait confiance en lui évidemment puisque c’était le porteur du serment de la justice."

Mais en 1984, Jean-Michel Schlicker hérite des dossiers de Guy Wezel, dont celui des tueries du Brabant. Un dossier pour lequel tout le monde s'interroge sur les mobiles. Trop de morts pour des butins dérisoires.

Au fil du temps, ce dossier deviendra le chemin de croix du petit juge nivellois. Car il a dû faire face à des dissensions avec le procureur du Roi, il a connu la guerre des polices, il y a eu aussi des menaces faites envers sa famille… Rien ne lui sera épargné.

"Ce monsieur a véritablement été submergé par une affaire qui le dépassait, comme elle dépassait tous les enquêteurs d’ailleurs. C’est ce qui a – sans doute – amené des dysfonctionnements, mais dont il ne pouvait pas assumer seul la responsabilité. Absolument pas !"

Des erreurs de procédure qui finiront par convaincre la Cour de Cassation de dessaisir Nivelles. Un échec dont Jean-Michel Schlicker ne se remettra jamais totalement.

Patrick Michalle

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