L'un des bourreaux des dix paras assassinés à Kigali a fini sa peine et demande l'asile à la Belgique

Bernard Ntuyahaga photographié en 2007 lors de son procès aux Assises de Bruxelles.
Bernard Ntuyahaga photographié en 2007 lors de son procès aux Assises de Bruxelles. - © ERIC VIDAL - BELGA

Il y a 24 ans, dix militaires belges, dix paras de Flawinne, étaient assassinés au Rwanda. Au moment des faits, ils portaient non pas leur béret vert mais le casque bleu des Nations unies.

Un officier rwandais a été condamné pour ces faits. Il a purgé sa peine, est sorti de prison et maintenant demande l'asile en Belgique. Ce qui provoque l’indignation des proches des victimes.

Martine Debatty, qui habite Charleroi, a perdu son frère à Kigali. "Quand j’ai appris par les journalistes que Ntuyahaga avait été libéré, j’ai directement téléphoné au service des victimes, au parquet, qui m’a informée qu’il était arrivé en bout de peine mais que l’Office des Étrangers avait pris le relais pour ne pas qu’il se perde dans la nature, comme c’était déjà arrivé avant son jugement, ici en Belgique. Ça me rassurait dans la mesure où il allait prendre l’avion et qu’on allait le rapatrier à Kigali. Mais ce n’est pas le cas…"

"Pour moi, poursuit Martine Debatty, sa demande d’asile est tout simplement inacceptable ! Il a emmené dix hommes et les a laissés à leur triste sort. J’estime que la Belgique n’a pas à l’accueillir et lui accorder l’asile. C’est inacceptable !"

Cet ancien major rwandais est-il libre de circuler en Belgique?

Non, car il est passé directement de la prison à un centre fermé. Pourquoi ? Parce que l’ex-major Ntuyahaga en a fini avec sa peine (20 ans de prison) mais il n’a pas les papiers pour rester légalement en Belgique. Il a donc été placé en centre fermé.

A partir de là, il a fait une demande d’asile. Il faut être clair : cette demande n'a pratiquement aucune chance d'aboutir puisqu’il a été condamné pour des faits très graves.

Sa responsabilité dans les événements?

C’était en 1994, le 7 avril précisément, aux premiers jours du génocide. Les para-commandos belges étaient en mission pour l’ONU. Ils tentaient de protéger l’ancienne première-ministre du Rwanda.

Bernard Ntuyahaga a fait arrêter les paras et les a transportés vers le camp où ils ont été tués. Il a été condamné pour cela par la cour d’assises de Bruxelles.

La peine est donc purgée. Ntuyahaga demande l’asile en Belgique. Mais puisque cette demande n’aboutira sans doute pas... que va-t-il faire ?

Soit il est renvoyé au Rwanda, soit il trouve refuge dans un autre pays. Ce sont là les deux options les plus probables. Le secrétaire d’état à l’Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), indique que l’homme se trouve en centre fermé en vue d’un retour, sans plus de précision.

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