L'ULM le plus rapide du monde est fabriqué par deux hainuyers

Jean-Baptiste Guisset et le VL3 de la société JMBAIRCRAFT
Jean-Baptiste Guisset et le VL3 de la société JMBAIRCRAFT - © M.Delporte

Jean-Marie et Jean-Baptiste Guisset exploite l’aérodrome familial d’Amougies, dans la commune de Mont-de-l’Enclus, depuis des années. En 2005, après les plaintes à répétition des voisins- gênés par le bruit- l’aérodrome a perdu l’autorisation de faire décoller et atterrir les hélicos et les petits avions. Seuls les ULM sont encore permis.

Les frères Guisset ont dès lors fondé la société JMB Aircraft et depuis deux ans, ils dirigent en République Tchèque l’usine qui fabrique le VL3, l’ultra léger motorisé le plus rapide au monde. L’entreprise emploie 40 personnes.

Le VL3 est considéré dans le milieu comme la Rolls Royce de l’ULM. 295 kilos, une coque en fibre de carbone, au design très épuré. Les ailes sont fines et donnent à l’appareil un air d’oiseau élégant. L’appareil atteint 260 kilomètres par heure en vitesse de croisière mais peut pousser des pointes à 280 kilomètres par heure.

" La République Tchèque est très réputée pour les ULM, il y a beaucoup de compétences et de connaissances sur place ", explique Jean-Baptiste Guisset, un des deux patrons de JMB Aircraft " nous étions distributeurs du VL3 pour les précédents propriétaires de l’usine. Nous avons repris l’affaire il y a deux ans. Aujourd’hui, l’usine produit deux avions par mois, mais nous avons l’intention de doubler la production prochainement, le marché se porte bien ". Le petit aérodrome d’Amougies en Hainaut sert aujourd’hui pour les tests des avions qui seront fournis en France et au Benelux. Les appareils volent dix heures avant d’être livrés. Cela dit, les patrons de JMB Aircraft ont l’intention de développer en Hainaut des activités de design et de R&D. Peut-être de quoi réengager quelques personnes à l’aérodrome.

Les clients ? " De riches hommes d’affaires, des pilotes, des passionnés de vol à vue, qui débourseront 120.000 euros pour un appareil neuf, la moitié pour un appareil d’occasion. Les Guisset rencontrent des acquéreurs en Europe bien sûr, mais le marché se développe aussi en Australie, aux Etats-Unis, à Moscou et aux Emirats Arabes Unis ", explique Jean-Baptiste Guisset, " c’est surtout pour le plaisir, pas pour les déplacements ni pour les voyages d’affaires, que les clients s’offrent un VL3. Même si le VL3 place Cannes à trois heures trente à peine d’Amougies. "

Et les Guisset savent de quoi ils parlent. Chaque semaine, ils passent plusieurs jours à Chocen, en République Tchèque. Il leur faut une longue demi-journée pour rejoindre l’usine en avion de ligne. S’ils peuvent s’y rendre VL3, le trajet prend moins de quatre heures.

Mais se rendre au boulot en ULM est très aléatoire. Tout dépend de la météo. On ne vole pas par gros temps.

Manu Delporte

 

 

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