L'ULM est-il un sport dangereux ?

En avril dernier, non loin de l'ulmodrome de Baisy-Thy, le pilote s'en était sorti, mais ce dimanche les deux occupants de l'ULM sont décédés sur le coup. "Voler en ULM n'est pas un sport à risque, à condition de le faire de façon sérieuse avec des machines qui sont bien entretenues, dans un club où l'on est bien suivi. A ce moment là, je pense que voler en ULM n'est pas plus dangereux que de rouler en voiture", c'est l'avis de Christoph Coddens, il est moniteur d'ULM à Baisy-Thy.

Une expérience qui peut jouer des tours

Pour décrocher une licence il faut suivre une formation pratique et théorique, et subir un test médical. On ne s'improvise donc pas pilote. Les deux Bruxellois décédés dimanche soir, étaient pourtant bien expérimentés. Une expérience qui a peut-être joué un mauvais tour aux pilotes : "Le problème de quelqu'un qui est expérimenté c'est quelqu'un qui veut aller plus loin. Tant que l'on est débutant, tant que l'on est suivi par un instructeur, il y a quelqu'un qui vous tient à l'il. On n'est pas toujours très sûr de soi non plus, donc on ne prend pas de risques. La phase critique dans une carrière d'un pilote, c'est aux alentours de 100 à 200 heures de vols, parce que l'on commence à bien maîtriser la machine, on pense qu'on sait tout faire".

Loi des séries

Il y a près d'un millier de pratiquants en Belgique, ce qui représente quelque 5 000 heures de vol par an. Christian De Vries est le président de la Fédération belge d'ULM : "Statistiquement sur les dix dernières années on est à deux accidents mortels par an. Il se fait que plusieurs années consécutives nous n'avons pas de décès. Cette année, malheureusement, nous cumulons. C'est la loi des séries ». Une loi des séries qui ne s'explique pas, sinon par des facteurs météorologiques, mécaniques ou plus souvent humains. Le risque zéro, ça n'existe pas. Mais il y a des moyens pour s'en rapprocher, poursuit Christian De Vries : "Tous les ans nous organisons un forum sur la sécurité, nous éditons un livret sur la sécurité en vol, nous invitons les pilotes à participer à des exercices pour gérer le stress de la panne. Et avec le bureau enquête accident de l'aéronautique, nous nous remettons en question et nous réorientons nos cours en fonction des causes et accidents".

Expertise en cours

Des facteurs techniques et les conditions météorologiques peuvent bien entendu expliquer un accident, mais le plus gros facteur risque dans un avion, c'est donc son pilote. Une expertise complète de la carcasse de l'ULM qui s'est écrasé ce dimanche à Thisnes, viendra confirmer si, ici une fois encore, comme dans 8 cas sur 10, l'erreur était humaine.

 

Colette Jaspers avec Céline Rase

 

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