L'ULB cesse sa collaboration avec l'Institut Confucius : "Trop peu de retombées et d'activités académiques"

L'ULB cesse sa collaboration avec l'Institut confucius
L'ULB cesse sa collaboration avec l'Institut confucius - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

L’Université libre de Bruxelles a décidé de rompre avec l’Institut chinois Confucius. La semaine dernière, la VUB annonçait aussi prendre ses distances avec l’institution chinoise. L’été dernier en effet, son directeur, Xinning Song, soupçonné d’espionnage, a été banni de la zone Schengen par la Sureté de l’État pour une durée de huit ans.

L’Institut Confucius de l’ULB a été lancé en 2016, en collaboration avec le ministère chinois de l’éducation, et une université de Shangaï. Cet institut offrait des cours de langue, des séminaires, des activités culturelles.

"Nous avons fait un bilan qui nous a amenés à ne pas aller vers un renouvellement de la convention. Cela générait trop peu de retombées et d’activités académiques. Nous avons peu de professeurs de l’ULB qui y trouvent des possibilités de collaboration", souligne Judith Lemaire, vice-rectrice aux relations internationales de l’ULB. "Et aussi, les instituts Confucius ne sont pas toujours forcément appréciés par nos autres partenaires chinois." La vice rectrice insiste sur le fait que l’institut au sein de l’ULB était très différent de celui de la VUB. "Il faut savoir qu’à l’ULB, on a une section d’étude chinoise très importante. Des cours de chinois sont en train d’être montés par notre faculté de lettres, traduction et communication. Il n’y avait aucun crédit qui était dispensé aux étudiants tandis qu’à la VUB, c’était différent : des cours intervenaient dans les enseignements".

L’institut Confucius parfois accusé d’espionnage

De nombreux observateurs soupçonnent ces instituts d’être des lieux d’influence, voire carrément d’espionnage : "la fonction première affichée par les Instituts Confucius est de vouloir partager la culture et la langue chinoise. Pour s’implanter dans un pays, l’institut va se rendre très séduisant. Il va payer les professeurs à ses frais, il va offrir des livres, des voyages", expliquait en mai dernier, Michel Juneau-Katsuya, ex-directeur de la zone Asie-Pacifique au Service canadien du renseignement de sécurité, dans un reportage de Radio Canada. "Mais, les gens qui vont aller y travailler ont des fonctions bien précises. Plusieurs universités se sont aperçues que les professeurs allaient beaucoup plus loin que simplement enseigner la culture et la langue. Des choses ne pouvaient pas être enseignées, les fameux cinq poisons : le Tibet, Taiwan, par exemple. L’objectif à la fin est d’influencer la pensée des gens", conclut le spécialiste des renseignements canadien.

Du côté de l’ULB, on dit avoir été prudent avec l’institution chinoise. "Je pense que, comme avec plein d’autres pays ou partenaires avec lesquels nous travaillons, il faut être très précautionneux. A L’ULB, on ne souhaite pas qu’il y ait des problèmes de données qui soient divulguées. Dans l’institut Confucius, il n’y avait pas de matières industrielles ou technologiques sur lesquelles il y aurait pu avoir ce genre de dérapages", tient à informer Judith Lemaire.

De nombreuses universités de par le monde ont stoppé leur collaboration avec les instituts Confucius. C’est le cas de Stockolm, Lyon et Chicago, et donc désormais des deux universités libres de Belgique. Au total, la Chine dispose de 500 instituts du genre, dans 140 pays dans le monde.

Pour en savoir plus, écoutez le reportage de notre confrère de Radio Canada, Frank Desoer

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK