L'observatoire des prisons dénonce une situation cauchemardesque à Saint-Gilles

L'Observatoire International des Prisons dénonce les conditions de vie des détenus à la prison de Saint-Gilles
L'Observatoire International des Prisons dénonce les conditions de vie des détenus à la prison de Saint-Gilles - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Ces dernières semaines, les mises en quarantaine se succèdent dans les différentes ailes de la prison de Saint-Gilles. Le virus circule et les agents pénitentiaires ont même observé récemment une grève de 24 heures pour attirer l’attention sur la situation sanitaire à l’intérieur de la prison. Ce mercredi, c’est au tour de deux avocates, membres de l’Observatoire International des Prisons de monter au créneau. Elles dénoncent cette fois les conditions de vie des détenus, "laissés en grande détresse, parfois sans repas. Plusieurs bagarres se seraient produites.". Depuis le 16 mars, plusieurs ailes de la prison seraient même entièrement confinées. Avec pour conséquence immédiate, la suppression des visites, des activités, des préaux, des douches. Sans parler des transferts vers les audiences du palais de justice ou du blocage des dossiers de libérations conditionnelles ou des congés pénitentiaires.

En temps normal, la prison est déjà au bord de la rupture, alors maintenant…

Pour Marie Berquin, les personnes détenues souffrent d’un état de santé physique et psychique plus mauvais que la population générale et, dans le même temps, ont un accès aux soins de santé insuffisant. Rien d’étonnant donc à voir les tensions et le désespoir se développer dans un tel contexte. De nombreuses instances internationales (Conseil de l’Europe et ONU) ont recommandé aux États de réduire leur population carcérale en temps de pandémie. Or, dénonce l’OIP, les mesures prises, en Belgique, par le pouvoir exécutif pour garantir les droits des détenus et éviter une crise sanitaire au sein des prisons, sont totalement insuffisantes. Les magistrats se montreraient même réfractaires aux demandes de libération formulées actuellement.

Aujourd’hui, le nombre de détenus à la prison de Saint-Gilles serait pratiquement revenu à celui d’avant la crise sanitaire.

Une vingtaine de tests positifs sur une population de 850 détenus

Le Docteur Gaetan de Dorlodot était ce mercredi encore à la prison de Saint-Gilles. Il y avait ce matin une vingtaine de tests positifs sur les 850 détenus de la prison de Saint-Gilles. Il confirme les mesures prises pour enrayer la propagation du virus dans le but d'éviter des situations plus graves comme celle de Hasselt. Dans cette prison qui compte 530 détenus, un détenu sur cinq est désormais infecté par le coronavirus et l’établissement est en confinement depuis deux semaines déjà.

De son côté l’administration pénitentiaire explique également avoir mis en place une quarantaine "préventive" pour les détenus entrants. "Ils y ont droit à une promenade et à une douche, mais pas de visites à table. Il existe cependant une visite virtuelle". Cette quarantaine préventive constitue un tampon entre la population entrante et la population déjà présente et contribue à protéger la population déjà présente contre les épidémies en prison. L’administration pénitentiaire reconnaît toutefois que les quarantaines et les restrictions concernant les activités ne sont pas bonnes pour la santé mentale des détenus.

 

 

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