L'Italie nationalise Ilva, une solution prônée par les sidérurgistes liégeois

L’un des sites d’Ilva, en Italie.
L’un des sites d’Ilva, en Italie. - © DONATO FASANO - BELGAIMAGE

En ce début d'année 2015, les travailleurs liégeois de la sidérurgie ont bien des raisons d'envier leurs homologues italiens. La semaine dernière en effet, le gouvernement de Matteo Renzi a décidé de nationaliser, temporairement, sa principale usine de production d'acier, la société ILVA. Cette entreprise est menacée de fermeture, ou (pire peut-être) de rachat par le groupe ArcelorMittal. Avec cette nationalisation, les Italiens sont donc en passe de réaliser ce que les sidérurgistes liégeois et même français souhaitaient pour leurs hauts fourneaux.

Le plus gros complexe sidérurgique transalpin, qui emploie plus de 10 000 travailleurs, est "nationalisé", transitoirement, pour une période de 18 à 36 mois. Ce que les ministres Marcourt, pour les wallons, et Montebourg, pour les Français ont tenté, sans succès, le gouvernement de gauche, démocrate, italien, le décrète.

La société ILVA, c'est d'elle qu'il s'agit, est pourtant en mauvaise posture. Elle croule sous le poids de ses dettes. Elle souffre d'un carnet de commande plutôt famélique. Elle est située dans le sud de la péninsule. Elle a été mise sous séquestre, sous administration judiciaire: elle pollue, outrancièrement, et depuis longtemps, et ses propriétaires n'ont jamais investi pour la mise aux normes environnementales. Le groupe ArcelorMittal a déposé, en novembre, une offre de rachat.

Malgré la promesse de garantir le volume de l'emploi, cette proposition a suscité une vague de méfiance. D'où ce plan de sauvetage: l'état reprend les rennes, et, endéans les trois ans, peut-être moins, va injecter deux milliards pour assainir le site, nettoyer les comptes, moderniser l'outil, et trouver un repreneur moins suspect qu'ArcelorMittal. En un mot comme en cent: un portage. La solution réclamée à cor et à cri, en vain, par les syndicats liégeois. C'est une manière de retourner le fer dans la plaie, mais après tout, autant savoir...

Michel Grétry

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