L'inspection sociale au parc Maximilien: "une nouvelle tentative d'intimidation"

L'inspection sociale au parc Maximilien: "une nouvelle tentative d'intimidation"
L'inspection sociale au parc Maximilien: "une nouvelle tentative d'intimidation" - © RTBF

Des employeurs peu scrupuleux profiteraient-ils de la détresse des migrants pour engager de la main d'œuvre bon marché au parc Maximilien à Bruxelles ? Le ministre de l'Emploi Kris Peeters pense que oui. L'inspection sociale a dernièrement effectué un contrôle au parc. Mais y a-t-il réellement de la traite des êtres humains à cet endroit. Les citoyens qui viennent en aide à ces migrants en doute fortement. On s’est rendu sur place pour tenter d’y voir plus clair.

"Jamais vu"

Certains sont en train de faire leur lessive dans des seaux, d'autres se reposent à même le sol. C'est le cas de cet Egyptien. Lui n'a jamais vu personne recruter qui que ce soit. " Moi cela fait plus d’un mois que je suis ici. Ce n’est jamais arrivé. La preuve : je n’ai pas plus que 20 cents en poche ". Ce Soudanais, arrivé à Bruxelles il y a plusieurs semaines, confirme. " Les seules personnes qu’on voit ici, ce sont celles qui viennent nous donner à manger ou des journalistes. Mais rien d’autre ".

Ces migrants, qui pour la plupart espèrent rejoindre l’Angleterre, n'ont quasiment rien pour subsister si ce n'est l'aide d'associations ou de citoyens bénévoles. Alors ils sont nombreux, comme ce Syrien, à vouloir travailler. " Depuis que je suis ici, je n’ai pas arrêté de chercher du travail aux quatre coins de Bruxelles. Moi je suis menuisier-charpentier. Et je veux travailler. Mais personne ne m’a proposé un job. Personne ne veut m’engager ".

"Une excuse pour démanteler le camp"

Nabil Moujahid fréquente le parc quasi quotidiennement en tant que bénévole pour venir en aide à ces migrants. Lui non plus n'a jamais vu ni entendu parler d'éventuels employeurs prêts à exploiter une main d’œuvre bon marché. Il s'interroge dès lors sur cette sortie du ministre. " A mon avis, c’est une manœuvre un peu cachée pour leur faire peur, encore une fois. Et pour donner une mauvaise image de ces personnes qui vivent pourtant dans une grande précarité ".  

L’argument de la traite des êtres humains ne serait alors qu’un prétexte, un nouveau motif pour faire évacuer ce camp? C’est l’avis de Mehdi Kassou, le porte-parole de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. "On a le sentiment qu’il recherche une excuse pour démanteler ce camp le plus vite et le plus rapidement possible. C’est clairement une nouvelle tentative d’intimidation. On est, depuis plusieurs semaines, confronté à des interventions régulières de la police en vue d’intimider les personnes sur place mais aussi de décourager les bénévoles qui viendraient apporter leur aide sur le terrain. Je ne vois pas, en tous cas, ce que ça pourrait être d’autre dans la mesure où clairement, en dehors des citoyens qui viennent proposer des hébergements, proposer à manger, on a jamais eu l’occasion de rencontrer des employeurs potentiels qui viendraient recruter des migrants pour travailler ".

Au cabinet du ministre Peeters, on nous confirme qu'après le contrôle de l'inspection sociale, la procédure suit son cours. L'auditorat du travail ne souhaite lui faire aucun commentaire à ce stade.

 

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