Bruxelles: Une étude de la VUB pour mieux penser le transport routier et son impact sur la santé

L'impact du transport routier à Bruxelles sur la santé sous-évalué jusqu'ici: un coût de plus de 50.000 euros/jour
L'impact du transport routier à Bruxelles sur la santé sous-évalué jusqu'ici: un coût de plus de 50.000 euros/jour - © Tous droits réservés

Le transport routier à Bruxelles et son impact en terme de pollution de l'air coûte 50.000 euros par jour. 50.000 euros essentiellement de frais de santé. Cette estimation n'est pas nouvelle. Mais une étude de la VUB a affiné ces données, en utilisant une autre méthode. Ce qui est interpellant, c'est la différence de taux de pollution issu de ce trafic selon les quartiers. 

Une approche dynamique versus une approche statique 

Cette étude du centre de recherche MOBI de la VUB croise les flux du transport de marchandises à Bruxelles - les camions, les camionnettes - avec les déplacements des gens dans la ville. Une approche dynamique plutôt que celle, statique, privilégiée dans les études précédentes. Ces dernières prenaient en compte le lieu de domiciliation de la population. Or, on ne respire pas que l'air où l'on habite, on respire aussi l'air où l'on travaille, où l'on passe sa journée. Et cet air est plus ou moins pollué en fonction de l'heure de la journée. Bref, la nouvelle méthode prend en compte ces nouveaux facteurs espace/temps. 

Des différences importantes en fonction des quartiers 

Si la méthode change, le montant évalué de ces "frais externes" du transport routier - le coût de l'impact de cette pollution de l'air - lui ne change pas si l'on prend la région bruxelloise dans son ensemble. Ce sont ces fameux 50.000 euros par jour. Par contre, de grandes différences apparaissent selon les quartiers. "Il y a des énormes différences, jusqu'à facteur 45, dans certains quartiers de la capitale", détaille Nicolas Brusselaers, doctorant au centre de recherche Mobi de la VUB qui a mené cette étude avec Cathy Macharis, Koen Mommens et Tom van Lier. "On parle ici de zones vertes, comme un parc, une forêt où il y a très peu de gens qui sont domiciliés. Mais en journée, il y a  un mouvement de personnes et aussi un mouvement de la pollution de l'air qui provient du transport de marchandises et donc qui a aussi un impact beaucoup plus élevé qu'estimé au préalable. On voit aussi des grandes différences, par exemple dans le quartier de la gare du Nord où il y a beaucoup de business center ou il y a une concentration plus élevée de gens en journée et en même temps aussi une plus haute concentration de transport de marchandises et donc de pollution de l'air". 

Un tiers de particules fines généré par le trafic de marchandises 

On a donc des "photographies" plus précises par quartier de la pollution générée par le trafic de marchandises. Et du nombre de personnes qui y est exposé. Et c'est un outil qui peut être utile, quand l'on sait que le transport de marchandises à Bruxelles représente 14 % du trafic mais est responsable de 33 % des émissions de particules fines émises par ce trafic. Du coup, cela vaut la peine de réfléchir où et quand faire passer ces camions et camionnettes qui transportent les marchandises à Bruxelles.

Le centre de recherche MOBI propose des pistes de réflexion: "On pourrait proposer de stimuler le transport de marchandises à d'autres moments dans la journée, (un peu plus tôt ou un peu plus tard ), quand il y a une concentration moins élevée de gens", explique encore Nicolas Brusselaers. "Ou dans des quartiers où peu de gens travaillent et sont réellement sur place. Et puis il existe des alternatives, livrer par exemple plus de marchandises via le transport fluvial ou via le rail et organiser le dernier kilomètre du Port de Bruxelles vers le site de construction par exemple de façon durable avec des camions moins polluants". 

 

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