L'huile d'olives en vrac interdite à la vente: une mesure méconnue

L'huile d'olives ne peut se vendre qu'en contenants fermés depuis 2012
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L'huile d'olives ne peut se vendre qu'en contenants fermés depuis 2012 - © RTBF

Vous avez peut-être l'habitude d'acheter votre huile d'olives en vrac: vous vous rendez au magasin muni(e) de votre bouteille vide, et vous la remplissez sur place. C'est évidemment une façon de réduire la quantité de déchets, et d'une pierre deux coups, d'obtenir une huile à un meilleur rapport qualité-prix. En réalité, c'est interdit depuis 2012, en vertu d'un règlement européen. L'huile d'olives doit être vendue dans des contenants scellés et étiquetés.

Lutter contre le frelatage

Il ne s'agit pas d'une mesure visant à contrer d'éventuels risques sanitaires, mais bien de protéger la qualité du produit. Etienne Mignolet, porte-parole adjoint du SPF économie, l'administration chargée de veiller à la bonne application du règlement européen: "L'huile d'olives (vierge et extra vierge) a des caractéristiques organoleptiques et nutritionnelles bien spécifiques. Ses procédés de fabrication le sont également. Du coup, son coût de production est assez élevé. Qui dit coût de production élevé dit prix élevé pour le consommateur et donc fraude potentielle". Les contrevenants s'exposent à des sanctions financières, voire à des saisies de produits et/ou de matériel.

Législation méconnue

Mais la législation reste méconnue. Et inégalement respectée. Au "Rayon bio", épicerie biologique située à Jette en région bruxelloise, la grande cuve d'huiles a été remplacée il y a quelques semaines, par une petite affichette indiquant que" la vente d'huile d'olives en vrac est désormais interdite ". Louis Grippa, le gérant en a été informé récemment par son fournisseur: "Qu'on fasse des contrôles renforcés, je suis pour car je pense qu'on doit préserver la sécurité alimentaire et protéger le consommateur. Mais si on interdit le vrac pour un produit, pourquoi pas pour les autres?".

Une seule amende en 7 ans

D'autres boutiques et supérettes bio que nous avons contactées ont fait le choix - en connaissance de cause- de poursuivre la vente du produit. A ce jour, une quarantaine d'avertissements ont été délivrés lors de contrôles. Un commerçant qui refusait de se soumettre aux normes a aussi reçu une amende.

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