"L'homme qui valait 35 milliards" au Théâtre de la Place

C'est le collectif liégeois Mensuel qui porte sur scène cette histoire.
C'est le collectif liégeois Mensuel qui porte sur scène cette histoire. - © RTBF

C'est un des temps forts dans la saison du Théâtre de la Place, "L'Homme qui valait 35 milliards", une adaptation du roman de Nicolas Ancion, paru en 2009, qui imagine l'enlèvement à Liège du roi de l'acier, Lakshmi Mittal, par une bande de pied-nickelés emmenés par un artiste en mal de reconnaissance et un ouvrier désespéré de la sidérurgie. La première représentation a eu lieu ce mercredi à Liège.

Le spectacle est à la fois théâtral, cinématographique et musical. Et il n'a pas laissé indifférents les spectateurs croisés à la sortie du théâtre: "Il y a un vrai message politique fort, c'est impressionnant. C'est un très beau travail artistique, c'est un très beau spectacle", souligne l'un d'eux. "Moi, je suis perplexe entre le récit et la forme qu'il prend qui reste le récit d'une grosse blague en liaison avec l'ampleur du drame de ce que nous vivons et surtout de ce que les métallos vivent avec leur famille pour le moment. Je suis perplexe mais c'est une belle performance d'artistes, le travail est là, et ça, il faut toujours le saluer", témoigne une autre spectatrice.

A souligner, une extraordinaire tirade de dix minutes inspirée du film "La 25e heure", du réalisateur américain Spike Lee, véritable pétage de plombs, tirade culte réécrite spécialement par Nicolas Ancion pour cette pièce. Temps fort, drôle et grinçant de ce spectacle dans lequel de nombreux Liégeois ne manqueront certainement pas de se reconnaître.

Une histoire qui fait écho à l'actualité

Trois ans après sa parution, le roman reste on ne peut plus d'actualité, comme le reconnaît l'auteur liégeois, véritable globe-trotteur, témoin d'autres réalités ailleurs dans le monde: "L'actualité va continuer très très longtemps parce que les fermetures, on va les connaître. Il faut accepter à un moment donné que notre monde est en train de changer et qu'il faut non pas s'adapter au monde, mais adapter le monde à ce qu'on a envie qu'il soit".

"Ce qui me désole ici, c'est que personne n'a l'air d'avoir envie de quoi que ce soit" poursuit l'auteur. "Depuis que j'ai quitté Liège il y a cinq ans, je voyage énormément, et j'ai vraiment l'impression que le monde est en train de changer. On se plaint ici de choses qui n'ont aucun sens par rapport à l'échelle de la planète (...) Il faut se dire qu'on est dans un monde qui est en mutation et se demander ce qu'on va faire avec ce monde et avec les gens qui y vivent parce que la vie par contre reste la même. On naît, on mange, on dort, on meurt, c'est tout. Et autour de ça, il faut arranger la société pour qu'elle colle avec ses besoins primaires qui eux, ne changent pas."

C'est le collectif liégeois Mensuel qui porte sur scène cette histoire, à voir au Mamac jusqu'au 3 novembre.

 

B. Alié

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