L'homme de Neandertal taillait la pierre à Orp-Jauche il y a 200.000 ans

Certaines pierres taillées retrouvées par Frédéric Van Diijck à Orp-Jauche relève d'une culture moustérienne (technique Levallois), associée à l'homme de Neandertal
Certaines pierres taillées retrouvées par Frédéric Van Diijck à Orp-Jauche relève d'une culture moustérienne (technique Levallois), associée à l'homme de Neandertal - © Wikimedia commons

Un habitant de Orp-Jauche, géologue de profession et passionné d'archéologie, a récolté des milliers de pierres taillées au bord de la petite Gette et de ses affluents. "Quand je me promène avec mon chien, je prends mon sac à dos et je ramasse", explique Frédéric Van Dijck. Après une grosse pluie, avec le phénomène d'érosion, il n'y a qu'à se pencher... Les pierres semblent jaillir du sol".

La zone située entre les villages de Wansin, Jauche et Orp-le-Petit était déjà connue pour une occupation humaine au Paléolithique supérieur, au Mésolithique et au Néolithique (entre 15.000 et 3000 ans avant notre ère). Mais avec les récentes découvertes de Frédéric Van Dijck, le site hesbignon fait un bond dans le temps. Certains silex de sa collection ont sans doute été taillés il y a 200.000 ans, par l'homme de Neandertal !

"Il y a un peu toutes les époques mélangées dans cette collection, explique le préhistorien de l'Université de Liège Marcel Otte. Mais certains silex ont manifestement été taillés selon une technique maîtrisée par l'Homme de Neandertal, la technique dite "Levallois"Ce qui peut remonter à 200.000 ans ou même plus. Il y a des outils très massifs. Je n'ai jamais vu ça en Belgique."

Des restes humains ?

Des ossements animaux ont aussi été retrouvés sur le site. "Ce qui signifie que les conditions de conservation des squelettes sont bonnes à cet endroit, poursuit Marcel Otte. Il n'est donc pas exclu d'y retrouver aussi des ossements humains."

Le scénario qui se dessine est celui d'un grand atelier de taille de silex à ciel ouvert à Orp-Jauche qui aurait perduré durant des dizaines de milliers d'années. "Les conditions géologiques sont favorables, explique Frédéric Van Dijck. Durant la préhistoire, deux falaises de craies d'environ 30 à 40 mètres de haut marquent le relief à cet endroit. La petite Gette et ses affluents offrent les réserves d'eau nécessaires, même en périodes glacières."

Et comme certains ossements animaux portent des traces de découpes réalisées par des outils tranchants, on peut aussi imaginer que quand la chasse était bonne, les carrières de silex se transformaient en atelier de boucherie.

"C'est incontestablement un site intéressant sur un plan archéologique, conclut Marce Otte. Il mériterait une étude de plus grande envergure."

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