L'habitat atypique pour contrer la crise du logement?

Un fonctionnaire bruxellois a transformé une péniche en habitation.
Un fonctionnaire bruxellois a transformé une péniche en habitation. - © RTBF

Crise du logement, baisse du pouvoir d'achat, choix écologique ou effet de mode... autant de raisons différentes qui poussent des Bruxellois à choisir d'habiter autrement. Certains optent pour la colocation mais d'autres vont carrément élire domicile sur une péniche, dans une roulotte, sous une tente, voire dans une yourte. Évidemment, l'habitat atypique est loin d'être répandu. Notamment à cause des règles urbanistiques très strictes. Mais pour certaines associations, ces alternatives mériteraient d'être davantage envisagées. Surtout dans une capitale en plein boom démographique.

Légalement et culturellement, l'habitat hors norme est encore mal accepté chez nous: "Au niveau urbanistique, ce n’est pas toujours facile d’être dans un habitat atypique, original, d’être accepté au niveau législation", commente Isabelle Hochart (chargée de mission à Inter-Environnement Bruxelles).

Et pour preuve : le seul Bruxellois à habiter depuis six mois dans une yourte (la tente traditionnelle mongole) a préféré rester discret. D'après Inter-Environnement, c'est par choix philosophique et non économique que le jeune homme a choisi de vivre sous tente, sur un terrain privé, avec l'accord du propriétaire.

De son côté, Jacques Pralle, un fonctionnaire bruxellois, a rénové une vieille péniche pour y habiter. Pour lui aussi, les premières démarches administratives ont été particulières: "Sur ma carte d’identité, je suis renseigné à la digue de canal n°0. C’est mon adresse officielle. Parfois, cela posait un problème informatique."

La domiciliation est une autre condition pour éviter de perdre ses droits. Boom démographique, loyers élevés, difficultés d'accès à la propriété, manque de logements sociaux, baisse du pouvoir d'achat: autant de facteurs qui, selon Inter-Environnement, devraient inciter les autorités à s'ouvrir davantage à l'habitat alternatif. Notamment en assouplissant les législations en vigueur, suggère Inter-Environnement.

Enfin, les mentalités devront elles-aussi évoluer pour mieux accepter les nomades, comme les gens du voyage.

Jean-Claude Hennuy

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