L'extension du parking d'Uccle Stalle fait débat

Le parking actuel d'Uccle-Stalle compte environ 340 emplacements. Sa version future pourrait dépasser les 1.100 véhicules. Objectif: inciter les navetteurs à poursuivre leur trajet en bus ou en tram.
Le parking actuel d'Uccle-Stalle compte environ 340 emplacements. Sa version future pourrait dépasser les 1.100 véhicules. Objectif: inciter les navetteurs à poursuivre leur trajet en bus ou en tram. - © RTBF

Le projet d'extension du parking de dissuasion d'Uccle Stalle a été débattu, ce mercredi, à la maison communale d'Uccle. Riverains et responsables régionaux étaient invités à la table de la commission de concertation. 

Ce volet de projet régional bruxellois fait partie d'un vaste plan récemment présenté par le ministre bruxellois de la mobilité, Pascal Smet (sp.a). Ce plan prévoit l'aménagement d'une série de parkings existants, dont celui d'Uccle Stalle. Mais aussi, la création de nouveaux parkings de dissuasion.

Au total, quelque 10 000 emplacements devaient être créés d'ici 2019 aux portes de la capitale. Objectif: inciter les navetteurs à laisser leur véhicule en bordure de la Région pour poursuivre leur trajet en transports en commun. A Uccle et dans la commune flamande voisine, Drogenbos, l'extension du parking actuel (environ 340 places) fait débat.

Un feu vert pour le principe

De nombreux automobilistes et riverains sont plutôt favorables au principe de parking de dissuasion. "J'utilise déjà le parking actuel, car circuler à Bruxelles en voiture est infernal", explique une automobiliste qui a pris l'habitude de poursuivre son trajet en prenant le tram tout proche.

"Je ne suis pas opposé au principe, car il faut prendre des mesures permettant de réduire le nombre de navetteurs qui encombrent les routes bruxelloises", dit une riveraine. "Désengorger la rue de Stalle est indispensable. D'autant que certains automobilistes prennent les petites routes parallèles pour essayer d'échapper aux bouchons, ce qui nuit au voisinage".

Mais un feu orange pour le projet d'extension

Agrandir le site actuel en construisant un parking à étages et un parking en plein air et là, ça coince un peu plus.

Du moins dans le chef de certains automobilistes et de nombreux riverains. "C'est un projet trop ambitieux", explique une riveraine de Drogenbos.

"Je ne suis pas certaine qu'autant d'emplacements soient justifiés. Je redoute l'impact négatif sur l'environnement. Il faut des garanties pour préserver la promenade verte, pour protéger le cours d'eau ucclois Geleytsbeek, pour éviter les risques d'inondation, le bruit et la pollution".

"Il faudra aussi veiller à bien gérer ce parking", explique une riveraine d'Uccle. "Car actuellement, une grosse partie des places de parking sont occupées par le personnel et les étudiants des écoles situées à Uccle-Stalle. Des clients du club de plongée voisin ainsi que de la salle de Forest National occupent également un certain nombre d'emplacements. Si le but est de cibler les navetteurs et de réduire la pression automobile dans la capitale, il faudra être attentif à ces éléments-là, et cibler le bon public. Par ailleurs, il faudrait créer un parking de délestage pour les camions. Les poids-lourds encombrent et détériorent les routes bruxelloises. Il serait donc utile de prévoir une plate-forme intermodale pour que les marchandises de ces gros camions soient transférées sur des camionnettes plus adéquates à la ville."

NIMBY ou... pas dans mon jardin?

"Pourquoi ne pas prévoir un parking de dissuasion plus loin, près du ring?" demandent plusieurs riverains. C'est un peu le phénomène Nimby (Not In My BackYard- Pas dans mon arrière-cour), répondront certains observateurs.

"Mais là, il y a des terrains vacants et peu susceptibles d'accueillir des logements ou des magasins", rétorquent des riverains. Des riverains qui précisent qu'il faudrait alors y amener les transports publics.

Reste à convaincre les autorités flamandes car ces terrains-là sont bien sur le sol flamand. L'hypothèse n'est pas à rejeter. Mais elle ne pourra en tout cas pas être envisagée à court terme. "Des discussions ont déjà eu lieu entre Bruxelles et la Flandre pour des accords et des échanges entre les deux Régions", explique-t-on au cabinet du ministre bruxellois Pascal Smet.

"Mais tout cela prend du temps. Or, le gouvernement bruxellois s'est fixé comme objectif de prendre des décisions rapides et efficaces pour réduire la pression automobile"; le tout, avec les budgets dont il dispose.   

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