L'escavèche de Chimay : une spécialité menacée

RTBF
RTBF - © RTBF

Autour de Chimay, il reste cinq producteurs officiellement reconnus d'escavèche, cette préparation à base de poisson célèbre dans la botte du Hainaut. Pour la première fois, ceux-ci ont décidé de se mettre ensemble pour tenter de relancer une spécialité régionale qui n'a plus aujourd'hui le succès qu'elle avait.

L'escavèche se porte bien. L'été, et dans la région de Chimay, là où elle était jadis préparée dans tous les foyers. Pas tellement l'hiver, et pas tellement ailleurs. Les cinq producteurs qui subsistent commercialisent leurs produits dans les magasins, dans les restaurants, mais plus difficilement au fur et à mesure qu'on s'éloigne de Virelles. Stéphane Dubois, l'un de ces producteurs : "Ce n'est seulement que quelques régions qui connaissent l'escavèche. Après, vers Arlon ou le Luxembourg par exemple, on ne parvient pas à se faire connaître. C'est trop loin, il n'y a pas de demande. Ou les gens n'osent pas."

"Peut-être que c'est un plat qui, par les jeunes générations justement, est associé à une idée un peu vieillotte", Pascale Hanon, à l'initiative de cette tentative de relance de l'escavèche. Elle songe aux réticences des plus jeunes mais aussi à l'image de son plat préféré. A cause des frites qui l'accompagnent si souvent, il est injustement suspecté. Pascale Hanon : "Le fait que l'escavèche soit systématiquement associé aux frites donne une image qui n'est pas diététique. Or, la préparation l'est : le poisson est cuit, il n'y a pas d'ajout de matière grasse, la sauce est à base de vinaigre."

Bref, une préparation qui gagnerait à être mieux connue au-delà de sa région de prédilection. Françoise Grandjean : "L'escavèche peut se manger à l'apéritif, on peut en faire de petites choses sympathiques tels de petits feuilletés, la servir avec des feuilles de chicon aussi ou encore avec une petite pointe de tomate..."

Les cinq derniers producteurs d'escavèche ont choisi de tenter, ensemble, de mettre l'eau à la bouche de ceux qui snobent leurs poissons. Presque toujours, disent-ils, pour de mauvaises raisons.

 

Alain Vaessen

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK