L'embargo de la Russie s'invite dans nos vergers

Jean-Charles et Guillaume Mahieu, cultivateurs à Barry, s'attendent à une récolte de poires abondante
Jean-Charles et Guillaume Mahieu, cultivateurs à Barry, s'attendent à une récolte de poires abondante - © S. Vandreck

Les producteurs belges subissent les conséquences de l'interdiction des importations de produits occidentaux décrétée par la Russie. Le secteur de la viande et celui des fruits sont particulièrement concernés. Les cultivateurs de poires flamands exportent beaucoup vers la Russie. Certains hennuyers aussi.

A Barry, près de Tournai, la famille Mahieu cultive des pommes et des poires. L’an dernier, la moitié de sa production de poires s’est retrouvée sur le marché russe, par l’intermédiaire de son principal client, un exportateur flamand. «S’il est bloqué par les Russes, nous serons forcément bloqués aussi», déplore Guillaume Mahieu. «Les exportateurs vont être plus frileux pour acheter en début de saison. Il va donc peut-être falloir se battre sur le marché. Le prix risque inévitablement de baisser. Avec une mauvaise nouvelle comme celle-là, il peut y avoir une baisse de prix jusqu’à 50%, surtout s'il y a beaucoup de poires, ce qui est le cas».

Une année à poires

En effet, les poiriers de cette exploitation croulent déjà sous les fruits qui attendent d’être cueillis. 2014 est une année "à poires". «On annonce une production supérieure de 13% à celle de l’année dernière», explique Jean-Charles, le papa. Ces producteurs cherchent dès lors d’autres marchés pour écouler leurs poires, via leur client exportateur, mais aussi via les circuits courts et la vente directe. «Si les acheteurs ne se manifestent pas, la seule solution c’est de laisser la poire sur l’arbre et de ne pas la cueillir. On ne va pas ajouter des frais de cueillette et de conservation supplémentaires». La récolte à Barry devrait commencer dans une petite quinzaine de jours… Est-ce que les poires seront pour autant bradées? «A la source, chez nous oui. Mais le consommateur final ne doit pas se faire trop d’illusions…», ironise Guillaume.

Stéphanie Vandreck

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