L'écrivain public: un "métier" au service des autres

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Le début cette semaine d'une formation pour devenir écrivain public.  Une quarantaine de personnes se sont pressées aux portes de l’ASBL "Présence et Action Culturelles" (la PAC, une association qui lutte contre toutes les discriminations et qui permet aux citoyens de se mobiliser pour aider les autres), rue de Dinant à Mons. Jeunes et moins jeunes étaient venus se renseigner au sujet de cette formation.

La fonction d’écrivain public attire de plus en plus de curieux. Pourtant, le "métier" reste peu connu du grand public. Un écrivain public, c’est un bénévole qui se mobilise pour accompagner des personnes en difficulté face à l’écrit ou face à l’administratif, explique Dominique Surleau, secrétaire générale de l’ASBL "Présence et Action Culturelles", en règle générale, les gens font appel aux écrivains publics pour les aider à rédiger leur CV, ou pour les aider à gérer les aspects administratifs du quotidien comme l’électricité, le chauffage ou le téléphone."   Pour Dominique Surleau, avoir recours à l’écrivain public est parfois inévitable: "Les courriers administratifs sont parfois complètement incompréhensibles, même si vous parlez la langue, alors imaginez pour quelqu’un qui ne la comprend pas...".

Des profils variés et une volonté commune

La formation connait de plus en plus de succès: "Depuis quelques années, beaucoup de gens souhaitent mettre du temps à disposition du projet. Mais il y a beaucoup d’appelés pour peu d’élus: sur les 40 personnes présentes aujourd’hui, seules 20 obtiendront une place dans la formation. En 20 ans d’existence, le réseau des écrivains publics a formé 800 personnes."

Parmi les personnes inscrites, on retrouve une majorité de retraités mais il y a aussi quelques personnes qui travaillent à temps partiel ou des étudiants qui souhaitent enrichir leur CV. Même si les profils sont différents, tous ont le même souhait : dégager du temps pour aider les autres

Madyson Herbrecht, une jeune technicienne en informatique de 25 ans. Pour elle, suivre cette formation serait un bon moyen de se rendre utile: "Je veux vraiment m’investir dans la vie de ma commune, Saint-Ghislain, alors j’ai cherché sur Internet si je pouvais aider avec mes compétences informatiques et j’ai vu qu’il y avait un service d’écrivains publics qui aidait dans les démarches administratives. Je me suis dit que non seulement je pouvais mettre mes compétences de français au service des autres, mais en plus je peux apprendre des choses comme le fonctionnement des CPAS par exemple."

Etienne Hanot est lui aussi intéressé par la formation d’écrivain public. Retraité depuis cinq ans, cet ancien directeur d’agence bancaire s’était déjà lancé dans le bénévolat en accompagnant des personnes atteintes du cancer. Mais ne faire qu’une activité ne lui suffisait pas: "Comme je dispose encore d’un peu de temps libre, je me suis dit que je pourrais encore faire du bénévolat. Je suis conscient qu’il existe des personnes qui ne maîtrisent pas bien la langue française et le côté pratique que j’ai acquis dans le cadre de mes activités bancaire me permettra d’aider ce public-là."

Pas de diplôme à la clé

" Ce n’est pas une formation certifiante, explique Dominique Surleau, elle n’est malheureusement pas reconnue par le système académique. Il n’y a donc pas de diplôme, seule une attestation peut être délivrée. " En Belgique, travailler comme écrivain public veut donc dire travailler bénévolement. Après la formation, les nouveaux écrivains publics peuvent alors utiliser ces compétences dans le métier qu’ils exercent actuellement, en tant qu’avocat ou assistante sociale par exemple. Ils peuvent également intégrer une structure PAC, c’est-à-dire l’une des douze associations régionales de Belgique francophone.

 

La formation est entièrement gratuite. La seule condition pour y participer est d’avoir plus de 18 ans. Il n’y a plus de place pour la formation d’octobre, mais l’ASBL en organise une autre au mois de février prochain à Bruxelles. Une séance d’information est d’ailleurs prévue le 6 février à Bruxelles. Si vous êtes intéressés, vous pouvez consulter les sites http://www.pac-bruxelles.be/component/content/article/51-le-projet-qespace-ecrivain-publicq/105-le-projet-qespace-ecrivain-publicq et http://www.espace-ecrivain-public.be/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=6&Itemid=10

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