L'école sans profs ni cours ni examens, à Genval, c'est fini

L'Ecole Autonome de Genval n'effectuera plus sa rentrée scolaire.
L'Ecole Autonome de Genval n'effectuera plus sa rentrée scolaire. - © Rtbf

C'est un échec pour l'Ecole Autonome de Genval : l'expérience de la première école wallonne basée sur le modèle américain de la Sudbury Valley School ne sera pas reconduite à la rentrée.

Le projet a capoté en juin dernier après une seule année scolaire. L'école sans professeurs, ni cours, ni programme, ni examens avait séduit quelque 10 élèves âgés de 6 à 16 ans (en théorie, elle était accessible aux 6-19 ans). Pour les élèves et leurs parents, la désillusion est grande. Et la facture salée: l'inscription à cette école non subventionnée coûtait 5000 euros pour le premier enfant, 3000 à partir du deuxième. 

>>> Plus sur les pédagogies alternatives: quand l'école se réinvente

Problèmes d'effectifs

Le couple à l'origine du projet à Genval n'a pas réagi à nos multiples sollicitations en vue d'une possible interview. Mais sur son blog, il justifie la fermeture de l'école par "un manque d'effectifs et de personnes s'engageant à ses côtés pour porter le projet dans le futur".

Les fondateurs du projet ajoutent qu'ils "restent convaincus de ce modèle éducatif révolutionnaire et restent ouverts à tout autre projet de ce type". Et de préciser qu'ils "n'hésiteront pas à mettre leur expérience à disposition".

Manque d'expérience

Nous avons pu recueillir le témoignage anonyme d'un parent dont l'enfant s'était inscrit à l'Ecole Autonome de Genval, pour la rentrée scolaire de septembre 2016. 

Selon ce père, les responsables du projet "manquaient d'expérience". Il dénonce aussi "une interprétation trop éloignée des principes de base du modèle américain de la Sudbury School".

Pour rappel, le concept remonte à 1968, aux Etats-Unis. Il suppose un modèle éducatif qui "rend aux écoliers un total contrôle sur leur propre vie, tout en vivant les limites imposées par le respect des droits des autres. Dans cette structure démocratique, la voix d'un enfant a la même valeur que celle d'un adulte".

Mais ce système a visiblement ses limites. Dans le conseil de discipline interne, les élèves peuvent eux-mêmes prendre des sanctions à l'encontre d'un collègue qui a commis une faute, par exemple.

"Ma fille s'est vue exclue de l'école à plusieurs reprises pour des broutilles", déplore un papa. "L'école ne fonctionnait pas correctement. Les accompagnants adultes intervenaient trop rarement pour aider les enfants dans leur apprentissage ou pour les aider à trouver des activités. La communication avec les parents était insatisfaisante". Et c'est sans parler de la gestion du projet. Le bâtiment de bureaux servant d'école était loué. "Il coûtait apparemment beaucoup trop cher!"

Des alternatives plausibles

D'autres projets d'enseignement alternatif sont toutefois possibles. "Je ne remets pas en cause le principe de base de cette formule éducative", précise notre témoin qui a retiré son enfant de l'Ecole Autonome avant la fin de l'année scolaire. "Mais dans ce cas-ci, cela ne convenait pas à notre enfant".

D'autres modèles alternatifs connaissent d'ailleurs un réel succès, comme la méthode "Freinet". De nouvelles pistes sont régulièrement explorées. Reste aux parents séduits par ces types de pédagogie non classique à être attentifs à une série d'éléments, dont le coût d'inscription, la reconnaissance par les autorités publiques, les possibilités d'accès aux études supérieures, le profil des accompagnants et l'expérience confirmée (ou non) du projet envisagé pour leur enfant.        

    

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