L'échevin MR Alain Courtois ne veut plus des migrants au Parc Maximilien

L'échevin Alain Courtois ne veut plus des migrants au Parc Maximilien
L'échevin Alain Courtois ne veut plus des migrants au Parc Maximilien - © JEAN MARC HERVE ABELARD - BELGA

Alain Courtois, premier échevin MR de la Ville de Bruxelles, veut mettre fin à la présence de migrants au parc Maximilien. C'est en tout cas ce qu'il déclare. "Le constat, c'est que le parc Maximilien, situé en plein cœur de Bruxelles, n'a pas vocation éternelle à accueillir des migrants en séjour illégal. Les riverains autour de ce parc sont exaspérés et on peut les comprendre. Il y a des plaines de jeux pour les enfants avec des infrastructures de la Ville. Les gens ont peur et en ont assez de ne pas pouvoir accéder à ces infrastructures. Nous avons dénoncé cette situation. Il faut constater et prendre un certain nombre de mesures."

Alain Courtois dit vouloir s'attaquer aux passeurs et à des applications mobiles qui conduiraient les migrants vers le parc Maximilien mais n'en dit pas plus sur les mesures techniques que la Ville de Bruxelles pourraient prendre. Du côté du bourgmestre PS, Philippe Close, pas de commentaire.

La marge de manœuvre de la Ville est finalement réduite. C'est pourquoi l'échevin dit avoir rencontré le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA) et le cabinet de Jan Jambon (N-VA), ministre de l'Intérieur.

"Il faut travailler de concert dans ce genre de situation. La lutte contre les passeurs est à un autre niveau : gouvernemental. Il faut coopérer pour que le quartier redevienne paisible. Il doit y avoir d'autres endroits en Belgique ou ailleurs comme d'anciennes infrastructures publiques ou d'anciennes casernes où l'on peut mettre ces personnes qui sont dans cette situation illégale mais que l'on doit pouvoir aider aussi. Mais pas dans un parc."

Des infrastructures occupées par les jeunes du quartier

Faut-il s'attendre à des opérations policières musclées dans les jours à venir ? L'échevin n'en dira pas plus. Au parc Maximilien en tout cas, nous nous y sommes rendus cette après-midi. Les migrants y sont bel et bien présents... et les Bruxellois aussi mais moins nombreux. Ces derniers ne semblaient pas avoir peur de faire des abdos sur les appareils de musculation de la Ville ou de jouer au football sur le terrain. Une petite fille se balançait sur le pneu attaché à une mini tyrolienne de la plaine de jeu.

"C'est ce qu'on voit tous les jours ici, constate Mehdi Kassou, porte-parole de la Plateforme citoyenne d'aide aux réfugiés. Des jeunes du quartier qui grimpent sur les jeux, d'autres qui font du sport avec les gars présents dans le parc. C'est un mélange." Mais les migrants sont tout de même majoritaires. "Oui, il y a des pics de présence quand il y a une distribution de nourriture ou des séances d'information juridiques mais elles devraient se faire dans un lieu spécifique pour cela. Et je peux comprendre que la cohabitation soit difficile mais ces personnes n'ont pas d'autres solutions que d'être dans un parc. Parler de problèmes de voisinage, je ne vois pas comment on peut utiliser cette excuse pour justifier des opérations de police."

Pour Mehdi Kassou, la déclaration de l'échevin MR est purement électoraliste. "Cette position de vider le parc Maximilien, il l'a déjà adopté quand le collège a voté la mise à disposition des moyens pour ouvrir un bâtiment d'accueil à Haren. On est donc finalement tous d'accord qu'il faille trouver une solution pour héberger les personnes présentes dans le parc. On est arrivé à un pic estival de 600 personnes présentes dans le parc. C'est une bouchée de pain pour la Belgique. Je pense juste qu'intensifier la répression policière engendrera davantage de violences et est purement électoraliste. On est face à un Alain Courtois qui lance sa campagne électorale."

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