​​​​​​​L'Art Déco et l'Art nouveau à Bruxelles: "Un patrimoine toujours en danger"

L'hôtel Hannon à Saint-Gilles, seule réalisation Art nouveau de l'architecte Jules Brunfaut
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L'hôtel Hannon à Saint-Gilles, seule réalisation Art nouveau de l'architecte Jules Brunfaut - © ©Commune de Saint Gilles

L'Art déco et l'Art nouveau s'offrent à vous durant trois week-ends consécutifs à Bruxelles. Dès demain et jusqu'au 31 mars, c'est le festival BANAD : un rendez-vous des amoureux de ces deux styles architecturaux du début du siècle passé. Vous pourrez découvrir des intérieurs encore habités et parfois jamais ouverts au public. Des bâtiments emblématiques qui souffrent parfois du temps qui passe. Ce patrimoine fragile nous replonge en tous cas dans une autre époque.

Une plongée dans la fin des années 20

Derrière la façade Art déco de cette maison à Berchem-Saint-Agathe, se cache un décor de théâtre. Un instantané de la fin des années 20. Le temps s'est arrêté. " Rien n’a bougé. Tout est encore en place au même endroit. On est encore dans le salon de 1925. Dans les miroirs, dans les tableaux. On a encore la radio des grands-parents " explique Benoît Schoonbroodt, le propriétaire.

Dans la bibliothèque, des livres d'époque : Victor Hugo, Jules Verne, en édition originale. " C’était la télévision de l’époque. On n’avait pas la télé donc on se plongeait dans l’exotisme de ces auteurs et on était tout de suite emporté ailleurs ".

Entourés de tous ces meubles et pièces uniques, ce passionné du début du vingtième siècle vit ici au quotidien et tente de préserver ce patrimoine familial. " Ce mobilier a été fait par des artisans qui avaient un grand savoir-faire. Et donc quand il y a un éclat dans un meuble en acajou ou quand un ressort a éclaté dans un fauteuil, ça va prendre des heures à l’artisan. Et effectivement, là, il peut y avoir des frais. Mais n’oublions pas qu’on a affaire à des meubles qui ont nonante ans. Essayez aujourd’hui d’acheter un meuble qui va durer 90 ans ".

Patrimoine fragile

Préserver ces joyaux de l’architecture représente bien souvent un investissement beaucoup plus conséquent. C’est le cas pour l’hôtel Hannon à Saint-Gilles. Habité jusqu’au milieu des années 60, ce bâtiment Art nouveau, de l’architecte Jules Brunfaut, est resté vide pendant plus de dix ans. " Vide, ça veut dire du vandalisme. Beaucoup de choses ont été détruites comme des vitraux, des boiseries " détaille Pierre Dejemeppe, conseiller patrimoine à la commune de Saint-Gilles. Et la maison n’est pas passée loin de la démolition. " Elle avait été achetée par un promoteur privé qui souhaitait évidemment exploiter l’endroit, en le démolissant et en reconstruisant de nombreux logements. Et donc c’est la commune en 1979, juste après le classement, qui a racheté ce bien pour maintenir cette beauté ". Débutent alors dans les années 80, d'importants travaux de rénovation. Il y a 3 ans, la fresque de la cage d'escalier est complètement restaurée. Prochain chantier : les châssis qui pourrissent à vue d’œil. Sans doute encore dans le courant de cette année.

Bruxelles regorge de bâtiments Art nouveau et Art déco. 1500 sont repris à l'inventaire du patrimoine régional. Patrimoine qui n’en reste pas moins fragile. " D’où l’importance de montrer ces maisons. Pour sensibiliser le public explique Caroline Styfhals, programmatrice du Banad Festival. " Notre objectif, c’est aussi de les préserver pour les générations futures. Certains bâtiments sont fragilisés. Il y en a qui n’ont pas encore été classés. D’autres attendent des restaurations. Donc voilà, c’est un patrimoine qui est toujours en danger actuellement ".

Cette année une quarantaine de maisons ouvrent leur porte au public aux quatre coins de la capitale.

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