Villos électriques en échange de panneaux publicitaires numériques: la fronde de plusieurs communes bruxelloises

L'arrivée de nouveaux villos électriques à l'été prochain est-elle compromise? L'accord de JC Decaux, qui gère le système de vélos partagés en région bruxelloise, repose sur ce principe: JC Decaux transforme un tiers de sa flotte en vélos électriques, contre la transformation d'un tiers de ses panneaux publicitaires traditionnels en panneaux numériques. Le problème: c'est qu'au moins six communes bruxelloises ont rendu un avis négatif pour l'installation de ces panneaux.

Des écrans hyper consommateurs d'énergie et déjà présents partout 

Pour Ixelles, c'est non à l'installation de 28 panneaux publicitaires numériques. Yves Rouyet, échevin Écolo de l'Urbanisme argumente: "Ils sont hyper consommateurs d'énergie, ils sont un vrai danger en terme de sécurité routière, l'Institut Belge pour la sécurité routière l'a d'ailleurs dénoncé, parce que l'on peut être distrait. C'est d'ailleurs le but. Il y a aussi une vraie raison d'embouteillages, d'encombrement, de l'espace public. En moment, il y a un tel envahissement publicitaire et il faut dire stop. Et le dernier argument, c'est la prolifération des écrans. Les enfants et les adultes aussi d'ailleurs sont en permanence sur des tablettes, des smartphones, quand on va dans un restaurant, maintenant, il y a des écrans, quand on va dans le métro, il y a des écrans partout. On va pas en rajouter en plus dans la rue". 

L'argument de la sécurité 

Et d'autres communes ont remis un avis négatif. Au moins six jusqu'ici: Ixelles, Saint-Gilles, Forest, Watermael-Boisfort. A Etterbeek et à Schaerbeek, c'est l'argument de la sécurité qui a joué. Frédéric Nimal, échevin Défi de l'Urbanisme explique: "Très rapidement, le collège a demandé un avis à la police. Elle n'a de problèmes spécifiquement sur les endroits mais cela concerne les panneaux digitaux. La police rappelle que l'on ne pouvait pas avoir des panneaux qui peuvent distraire les automobilistes, ou créer une confusion par rapport aux panneaux de signalisation. Elle rappelle aussi que tous panneaux à une distance de 75 mètres d'un feu rouge est interdit dès le moment où il est de couleur verte ou rouge".  

Des panneaux numériques en échange de Villos électriques 

Le souci, c'est qu'en échange de ces panneaux numériques, il est prévu que JC Decaux, la société qui gère les vélos partagés en région bruxelloise, mette à disposition des Villos électriques. Un tiers de sa flotte pour l'été 2019. C'est l'accord conclu avec la Région. Des Villos qui intéressent les communes, mais pas à n'importe quel prix, Yves Rouyet: " Si Villos, JC Decaux et la Région trouvent un autre système, on est ouvert! On est favorable aux Villos électriques". 

La Région ne veut pas réagir pour le moment. C'est elle qui doit délivrer les permis d'urbanisme pour ces panneaux. Du côté de JC Decaux, on ne veut pas non plus faire de commentaire à ce stade. Une réunion est prévue à ce propos avec la Région cette semaine prochaine. 

Et ailleurs, en Région wallonne? 

La Région bruxelloise a dans ses cartons un projet pour mieux encadrer ces publicités lumineuses, dans le cadre de son projet de RRU, son Règlement Régional d'Urbanisme. Du côté de la Région wallonne, ce projet d'interdiction de publicité dans l'espace public a fait l'objet d'un débat au Parlement. L'Union des Villes et Communes de Wallonie avait été auditionnée et elle s'y était opposée. Une question de "liberté de commerce et d'industrie, d'autonomie communale, la capacité des communes à les encadrer", explique Jacques Gobert, président de l'UVCW, "il ne faut pas perdre de vue aussi qu'il y a l'aspect financier. Les communes taxent également les panneaux publicitaires et ce serait donc un manque à gagner que les communes devraient subir. C'est variable d'une commune à l'autre, cela dépend par exemple si elle est traversée par de grands axes, mais cela peut vite se chiffrer à des centaines de milliers d'euros pour les grandes villes".  

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