L'agriculture biologique a la cote en Wallonie

Les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à convertir leur exploitation en production bio. Ils étaient 92 en 2014 à effectuer cette conversion, le chiffre de 172 est avancé pour 2015, même s'il n'est pas encore définitif. Un chiffre qui constituerait un record et porterait à plus de 10% le nombre d'agriculteurs bio en Wallonie.

La demande en produit bio augmente et n'est pas encore rencontrée par l'offre. D'où un attrait pour ce type de production, mais ce n'est pas le seul. Trois raisons majeures de conversion sont avancées par Bio Wallonie, l'organisme qui accompagne les agriculteurs dans une conversion vers le bio.

"Cela passe d’abord par une sensibilisation aux questions environnementales et de santé. Il y a également un volet financier car les agriculteurs en difficulté sont tentés de revoir leur manière de travailler et une troisième raison est par exemple la reprise d’une ferme par les enfants qui ont une formation différente et qui décident de passer à une ferme biologique" justifie Noémie Dekoninck, chargée de mission.

Le modèle bio fait peur

Beaucoup d'agriculteurs font aujourd'hui le même choix et se tournent vers le bio. Parce que les prix y sont plus fixes, mais pas seulement. Parfois, c'est uniquement par conviction par rapport à l'environnement. Parmi eux, François Grogna. Il exploite lui-même une ferme bio à Ouffet.

"Le modèle bio fait peur. Il se renouvelle chaque jour. En arrivant au bio, nous ne sommes pas omniprésents comme pourraient l’être d’autres structures qui travaillent de manière conventionnelles et qui sont derrière les agriculteurs", explique-t-il.

Thomas Bastin est maraîcher à Braives. Il a choisi de convertir sa production en bio.

Je ne pense pas que l’on fait ce choix pour l’aspect économique mais plutôt pour l’aspect social et environnemental

"J’ai toujours eu une sensibilité par rapport aux questions environnementales. Etant conscient des différents problèmes en agriculture traditionnelle, j’ai décidé de devenir maraîcher bio. Je ne pense pas que l’on fait ce choix pour l’aspect économique mais plutôt pour l’aspect social et environnemental. Cette année, j’espère pouvoir fournir 70 familles avec ma production" explique-t-il.

Vincent Georges, lui, est agriculteur à Serinchamps, en province de Namur. Il produit du lait et de la viande et a choisi de convertir sa production en bio.

"Avec la crise que l’on subit, j’ai pesé le pour et le contre et philosophiquement, j’étais prêt à franchir le pas. Le défi du bio est d’être autonome. Produire un maximum de fourrage sur ma ferme avec des céréales pour les valoriser entièrement via le cheptel. Nous sommes donc moins vulnérables par rapport à la fluctuation des prix des produits à acheter".

La conversion massive en bio pourrait toutefois à terme poser quelques problèmes. Il faut deux ans pour effectuer une telle conversion. Comment sera le marché dans deux ans ? Nul ne peut le dire. Le risque est alors d'avoir une production excédentaire à la demande.

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