"L'affaire du Poisson Rouge" jugée

La justice s'est prononcée ce matin sur le dossier.

Lors de sa plaidoirie, l'auditeur du travail avait parlé de monde des ténèbres pour décrire ce qui s'était déroulé au "Poisson Rouge". Un couple de gérants y faisait régner la terreur sur quelques personnes âgées et un handicapé, obligés de travailler gratuitement contre un logement dans une caravane pourrie, dans des conditions sanitaires déplorables. Les coups pleuvaient, un homme déficient mental a même dû être hospitalisé plusieurs fois. Mais le comble de l'horreur avait été atteint avec les petits-enfants de la gérante, cinq au total, traités en véritables esclaves dès leur plus jeune âge. Nettoyer, faire la vaisselle, servir les bières et ici aussi, recevoir des coups (de raclette, de fourche, de bouteille)... Voilà ce qui avait rythmé leur quotidien pendant plusieurs années. Deux d'entre eux n'allaient même plus à l'école.

Lors de l'enquête, après la perquisition de mai 2007, il était apparu que l'un des clients réguliers du bistrot était l'un des commissaires de police de la zone. Lors de l'audience, il avait reconnu un silence coupable devant les scènes terribles qu'il voyait en échange de repas et bières gratuites, ainsi que de divers cadeaux. La gérante est condamnée à quatre ans de prison avec sursis, son mari à deux ans avec sursis. Le commissaire, lui, a vu sa peine fixée à un an avec sursis.

 

Christine Borowiak

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